‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 260 sur 268 · Rapf de Thoirai · texte numérisé non relu

Rapf de Thoirai

de son voisin . Le pape, touché de la soumission de Henri II qui se résignait à tout, ne prononça d'anathëme que sur les meurtriers. Mais deux légats partirent pour recevoir la soumission du roi et les concessions qu'il voudrait faire pour être absous sans réserve. Les deux légats arrivèrent en Normandie, mais Henri H était parti pour chercher des distractions dans la conquête de llrlande qu'il avait différée jusque-là. Cette conquête fut rapide et plus facile à obtenir que son absolution. Il revint sur une nouvelle sommation des deux légats ; il les rejoignit à Savigny près d'Avranches, le 17 mai 1171. Mais les conditions lui paraissant trop dures, il se retira en colère en leur disant ou les défiant d'exécuter leur mandat. Ce furent les légats qui le rappelèrent; ils avaient ordre d'en finir, et le roi eut peur que l'interdit ne passât de Normandie en Angleterre. Il se soumit à tout, il jura qu'il était innocent du meurtre; il promît de rappeler les bannis, de les rétablir dans leurs bénéfices, de rendre tous les domaines de l'archevêché de Cantorbery; d'entretenir pendant un an deux cents Templiers en Palestine, de se croiser lui-même pour trois ans; de ne plus observer des coutumes dérogatoires aux privilèges ecclésiastiques; de ne point s'opposer aux appels qu'on voudrait porter à Rome, à condition que les appelants ne feraient rien de préjudiciable à la couronne. Après toutes ces promesses qui abrogeaient les principaux articles de Clarendon, Henri II fut absous, la possession de l'Irlande lui fut confirmée, et il put jouir d'une paix trop chèrement achetée par ces actes de faiblesse. Le retour des cardinaux Albert et Théoduin, ses légats.

combla de joie le pape Alexandre, qui ne songea pas même à faire ratifie^ ces concessions par lea États d'Angleterre. II canonisa Thomas Becket, comme un saint défenseur des droits de TËglise, qui pourtant l'avait mise en confusion par son intraitable fanatisme, et qui aurait peut-être avancé de trois siècles le schisme d'Angleterre, si le pape n'eût modéré l'ardeur de ses vengeances. La canonisation de saint Bernard suivit de près celle de Thomas ; et le pape n'eut plus qu'à s'occuper de la sou* mission de Frédéric BiMrberousse.

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