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avec des marques de respect ce docteur de vingt-neuf ans pri'desliné à une grande et l>elle renomnice. Il se nommait Alhanase et la ville d'Alexandrie lui avait donné naissance, vers l'an 20G. Son cduralion chrclienne. son intelligence précoco avaient attiré l'attention de l'évêque Alexandre qui s'était plu a diriger ses études et l'avait bientôt choisi pour secrétaire. Mais, soit inclination pour la vie ascéti(jue des disciples de saint Antoine, soit qu'il eût cherché la solitude pour médilor en paix sur les vérités du christianisme, il s'était réfuj^ié dans les déserts de ta Thébaïde, et fortifié contre le monde dans les entretiens du célèbre anachorète. Son évéque lui fit comprendre sans doute que la religion attendait de lui des services plus éminents (jue des macérations et des prières. Il le rapi>ela dans sa ville natale, lui conféra le diaconat; et peu de temps après le concile de Nic^, où le jeune diacre avait jeté les fondements de sa gloire, l'évéque mourant l'ayant désigné pour son héritier apostoli({ue, le choix du saint prélat avait été ratifié par l'enthousiasme du peuple et les acclamations de tous les évéijues de la province.
L'exaltation du plus vigoureux adversaire de Tarianisme avait vivement contrarié les Ariens, qui, encouragés par l'indulgence de Constantin, se réveillaient dans toutes les contrées de l'Orient. Elle avait effrayé surtout le courtisan mitre qui s'était emparé de la doctrine et de la secte d'Arius pour en faire les instruments d'une ambition désordonnée. Eusèbe de Nicomédie. par sa double position d'évéquc et de favori de l'empereur, avait etl'acé l'hérésiarque, et s'était fait le chef de cette foule
d*évéques et de prêtres qui se révoltaient contre les anathèmes du concile de Nicée. Le nom même des Ariens avait fait place ù celui d^Eusébiens^ que ces hérétiques avaient pris du plus audacieux intrigant, du plus opiniâtre chef de cabale dont Thistoire ait raconté les violences. Exilé d'abord comoie tous lei fauteurs de l'arianisme, cet Eusèbe avait obtenu sa grâce par une fausse adhésion aux décrets et à la profession de foi du concile; et, recommandé aussi par la voix mourante de Timpératrice Constantia, il avait repris sur lesprit de Constantin tout le crédit que ce concile lui avait fait perdre. L*affront qu'il avait reçu en voyant livrer aux flammes les témoignages écrits de son hérésie, nourrissait en lui des pensées de vengeance. Sa haine se rappelait surtout le jeune docteur dont l'éloquence avait dominé rassemblée, et dicté pour ainsi dire la condamnation d'Arius; et l'élévation de ce docteur au siège métropolitain d'Alexandrie avait donné une énergie nouvelle à ses implacables ressentiments. Le renversement, la mort même d'Atlianase étaient devenus le but de ses intrigues. Il avait facilement reconnu que le défenseur couronné du symbole de Nicée n'était point assez éclairé pour en apprécier les termes. Il avait trompé le crédule Constantin par sa mensongère rétractation ; et protégés dès lors par un empereur qui se payait de mots sans aller au fond des choses, les sectateurs d'Arius propageaient sa doctrine, sans que le maître du monde se doutât de la moindre contradiction entre leurs actes et leurs pirolcs.
Avant d'attaquer saint Athanase, ils essayèrent leur puissance contre de moins illustres adversaires. Eustache
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(l'Anliorho, Asch'pas de r.aza. Eutropc d'Anrlrinoplc. Marcfl (l'Anryro et (|iicl(|n<^s antres furent ch'posrs dans un <<)ncile d'FiUsc'hiens, tenu dans la prcmirre de ces villes; et ('onstantin se fit l'exéeuteur de leurs décrets avec le inrmc zèle qu'il avait déployé <lans rcxéeulîon des décrets de Nicée. Le tour d*Athanase vint enfin. Mais ils n'osèrent point risquer une déposition que le maître n'eût point ratifiée. Ce nom, (pii avait si bien grandi sous ses yeux, était encore tout-puissant sur son esprit. Athanaic était pour lui la représentation vivante du dojrme (|u'il avait adopté. On avait pu le tromper sur des mots, lui présenter même comme des défenseurs de ce dogme ceux qui en persécutaient les véritables adhérents. Mais il était dittîcile de faire croire a l'abjuration de celui-li mémo (|ui Tavait établi. On s exposait à dessiller les yeux d'un empert^ur dont l'estime ne pouvait bidanccr entre Ariu> et Alhanase, quoiqu'il eût imprudemment permis à l'hérésiarque de rentrer dans Alexandrie. Cet acte de tolérance, provoqué par les Eusébiens, cet essai de leurcrédil n'avait tourné (ju'à leur confusion. Le saint évêque ne s'était pas laissé prendre aux apparencc>. Il avait repoussé le faux converti de son Église; et le favori qui avait compté sur celle désobéissance du saint évertue, espérait bien en obtenir le chalimenl. Mais tel était le respect de Constantin pour Athanase, qu'il n'osa blâmer l'ardeur de son zèle pour la pureté de l'Église et défendre contre ses anathèmes celui qu'il avait rappelé de l'exil.
L'adroit Eusèbe sentit qu'en se tenant dans les questions canoniques, il ne viendrait jamais à bout de per-
(Ire le prélat qui les avait si admirablement débattues. Mais la haine est ingénieuse; et celle d'Eusèbe était fertile en ressources. La calomnie vint d'abord au secours de son impuissance. Les accusations les plus odieuses furent portées contre un évéque dont les mœurs étaient aussi pures que la croyance, et dont Grégoire de Nazianzc devait dire plus tard : qu'en le louant on louait la vertu même. Il eut à défendre sa vie et son caractère contre des allégations de viol, de concussion, de trahison et d'assassinat : et il s*en justifia vainement devant le prince Dalmace, neveu et délégué de Constantin. Eusèbe osa persister dans ces accusations infâmes. Il avait mesuré la patience du souverain qu'il dirigeait. Il réclama, il obtint la convocation d'un concile pour en connaître, et fit désigner la ville de Césarée parce qu'il savait qu'Athanase refuserait de paraître dans une ville dont le siège épiscopal était occupé par un de ses ennemis. Athanase refuse en effet, et la bienveillance de Constantin en est ébranlée. L'empereur consent toutefois à changer ^ le lieu de l'assemblée; et c'est dans la ville de Tyr (|u'il la transfère. Mais Eusèbe en fait décerner la présidence à lévéque Flaccile d'Antioche, autre ennemi d'Athaiiase. C'était provoquer un second refus : et les prévisions de sa haine ne furent point trompées. Constantin s'irrita cette fois d'une désobéissance dont il ne pénétrait point les motifs. Ses menaces contre le rebelle portèrent au cœur d'Eusèbeles premières joies d'un triomphe dont il ne désespérait plus ; et cette joie fut comblée, quand son ennemi, cédant à la colère impériale^ vint se jeter dans le piège que lui avait tendu sa vengeance. Athanase parut
en vain dans Tyr avec une escorte de quarante-sept prélats orthodoxes, qui montraient pour la plupart les stygmates de la persécution. Eusèbe ne fut point effrayé de cet imposant cortège. Ses partisans, ses complic^es étaient en force; et la haine, comme l'esprit de secte, étouffait en eux tout sentiment de justice. Aux absurdes accusations qu'Âthanase avait déjà refutées et que les Ëusébiens osaient toujours reproduire, ils joignirent celles de magie et de violence envers un prêtre. On suborna des témoins qui eurent Taudace de l'attester ; on fit insulter par la populace et par la soldatesque les prélats qui osaient défendre Tinnocent.
Athanase reconnaît que sa défense est inutile, que sa condamnation est prononcée d'avancé ; il se dérobe pendant la nuit, se sauve dans un esquif, et vole à Constantinople pour en appeler à l'empereur lui-même. Mais la sentence du concile l'y a devanc ^ Dès que sa fuite a été connue, on s'est hâté de le déclarer rebelle, sacrilège, homicide et magicien ; tous les griefs inventés par l'indigne évéque de Nicomédie, ont été admis par ses complices; et Constantin, qu'une double désobéissance a rempK de préventions funestes, a vu dans la fuite d' Athanase une nouvelle preuve des crimes qu'on lui impute. Mais le saint prélat ne se laissera point convaincre par sa propre faiblesse. Repoussé par le juge dont il venait invoquer la justice suprême, il se pose en face de ce maître du monde, s'enveloppe de son innocence, et lui dit fièrement qu'un prince chrétien ne peut refuser à personne la justice et le droit de se défendre. Constantin s'arrête ; cette voix, cette attitude lui imposent. Il or-
donne aux juges de Tyr de se rendre à Gonstantinople pour soutenir leur accusation devant son tribunal.
Ëusèbe avait prévu cette hésitation d'un César dont il connaissait les faiblesses. Il a séduit, effrayé ou corrompu cinq des évéques qui avaient défendu Athanase dans le concile de Tyr. Il les amène devant l'empereur; et comme ce juge suprême hésite encore , cet esprit . fécond en calomnies, se rappelant une famine qui a failli ruiner la nouvelle capitale de TEmpire, accuse enfin Athanase d'avoir retenu à dessein dans le port d'Alexan* drie une flotte chargée des moissons de l'Egypte. Le saint évéque veut s'en justifier, les Ëusébiens étouffent sa voix; les cinq témoins subornés par leur chef soutiennent cette calomnie nouvelle, et Constantin n'écoute plus l'innocent qu'ils accusent. L'infâme Ëusèbe connaissait toute la portée d'un pareil grief devant un empereur qui tenait à faire régner l'abondance dans sa nouvelle capitale. Ce César, qu'une postérité mal éclairée a décoré du titre de Grand, avait, quelques jours auparavant, fait trancher la tête au philosophe Sopater, qu'une sotte populace avait accusé d'avoir arrêté par des sortilèges les vents qui devaient conduire à Constantinople une flotte chargée de blé ^ Il n'ordonna point le supplice d'Athanase comme l'espéraient ses calomniateurs ; mais, aussi stupide que son peuple, il oublia qu'il avait un gouverneur militaire à Alexandrie, et qu'en présence de ce délégué de la puissance impériale un simple évéque n'avait pu avoir d'action sur la flotte : il apostro-