Ut. II, p. m
vrit à la fin de 353. Les Ariens n*y étaient point en force ; mais la présence de leur empereur leur assurait la victoire. C'est là qu'Ursace et Yalens se dégradèrent par une seconde apostasie, attribuant la première à la tyrannie de Constant. Bien d'autres, qui avaient défendu Athanase dans l'assemblée de Sardique, eurent la lâcheté de souscrire à sa condamnation. Quelques voix timides sollicitèrent comme une compensation celle de la doctrine d'Arius ; mais aucun n'eut le pouvoir de l'obtenir. Les légats mêmes de Libère cédèrent à l'Arien couronné. Cette chute de Vincent de Capoue fut une grande douleur pour ce pape. Cet évéque avait montré plus de vigueur dans sa mission de Constantinople. Mais il avait alors derrière lui l'empereur d'Occident et ses armées, et il était ici en face du maître du monde, n'ayant pour soutien qu'un pauvre prêtre, qui, pour être parvenu à se faire reconnaître comme successeur de saint Pierre, n'avait pas encore le pouvoir de remuer une légion. Ce prêtre n'avait qu'une puissance spirituelle que Constance né reconnaissait pas et des anathèmes qui étaient encore sans force contre les couronnes de la terre. Libère osa cependant soutenir par ses lettres la fermeté des évéques que la flatterie et la peur n'avaient pas ébranlés. Lucifer de Cagliari, Eusèbe de Verceil le secondaient vivement dans cette opposition au triomphe de l'arianisme, et ils obtinrentenson nom la convocation d'un nouveau concile. Constance se plaisait dans ces réunions d'évéques, dans ces discussions interminables sur des mots qu'il comprenait à peine. Les Ariens, encouragés par la victoire d'Arles, acquiescèrent comme lui à ce nouvel examen,
dont ils pressentaient Tinutilité, et dédaignèrent même de se rendre en force à Milan où ce nouveau concile devait s'assembler. Que leur importait de disputer contre des adversaires qui osaient à peine se défendre ? Ils laissèrent à Tempereur, à ses eunuques et à ses soldats le soin d'affermir leur triomphe.
Ce concile s'ouvrit dans les premiers mois de Tannée 35S ; et, malgré la présence de trois cents évéques occidentaux, les délégués de Libère ne purent obtenir ni la condamnation d'Arius ni la confirmation du Symbole de Nicée. Ils eurent à la vérité le courage de se refuser à la condamnation d'Athanase, et quelques-uns le poussèrent jusqu'à dire à l'empereur que ses ordres n'étaient pas des canons de l'Église, c Ma volonté, s'é- » cria Constance, doit être prise pour un canon. J'ai pour » moi l'autorité des évêques d'Orient : obéissez ou je • vous exile. > Et les soldats et les eunuques ne leur laissèrent plus le temps de répliquer. Ils entrèrent le fouet et le glaive à la main, et les consciences cédèrent à la force. Le moine Rufin * prétend qu'il ne resta que trois évéques de fidèles. Alhanase en signale un plus grand nombre dans sa lettre aux solitaires de la Thébaïde ; mais le temps des martyrs était passé. On p?ut douter même du langage que leur prête le saint évêque d'Alexandrie, langage qui n'était pas encore sorti de la bouche d'un évêque. Us auraient, selon lui, osé dire à Constance que l'Empire n'était pas à lui, mais à Dieu de qui il l'avait reçu et qui pouvait l'en priver. Ils lui