Ut. I, ch. XX
auraient interdit de toucher à la discipline de TËglise où n avait rien à voir Tautorité impériale. Les prophètes de Tancienne loi avaient tenu de semblables discours aux puissances de la terre. Les prêtres de la nouvelle ne l'avaient pas dit encore, et ce n'est pas Constantin qui le leur avait enseigné. Mais parmi tant de prélats timides ou lâches, il en était deux qui auraient été capables de le dire, Hilaire de Poitiers et Lucifer de Cagliari ; et soit qu'Athanase absent l'eût appris de ses amis, soit qu'il Tait supposé lui-même, je saisis ce trait d'indépendance ecclésiastique au moment où il se manifeste, comme le point de départ des attaques du sacerdoce contre la royauté, en observant que l'Église n'en était encore qu'à la quarantième année de son émancipation.
Une obéissance extorquée par de telles brutalités, devait être suivie de nombreuses rétractations. Il en fut à cet égard du concile de Milan comme de celui d'Arles. Rendus à eux-mêmes et à leurs diocèses, éloignés des sicaires de Tempereur, ces évêques rougirent de leur faiblesse. Libère fomentait, entretenait cette nouvelle opposition, dont s'irritèrent Constance et les Ariens. Ils résolurent d'en finir avec un pontife qui se refusait sans cesse à la discussion, et dont l'ascendant contrariait partout et leur doctrine et leurs vengeances. Constance ordonna de le gagner ou de le contraindre, de faire confirmer à tout prix la condamnation d'Athanase par l'autorité épiscopale de la ville éternelle, comme dit Ammien Marcellin * et non, comme Fleury lui fait