I. PaAiM, ch. m Amk> EpùL, l. iU |V. MB
glaive d*unfe soldatesque effrénée tout Un peuple alliré pour ainsi dire dans un piège infime, en laissant âti hasaM le soin de choisir les victimes, Théodose se fendait coupable d*une atroce et lâche Vengeance ; et le ministre d'un Dieu qui confond tous les ;homhies dans sa justice s'honorait même aux yeux du monde en oubliant le rang et la puissance du criminel pont ne voil* que sort exécrable attentat. Lé prélat qui avait repfoché à Maxime le iiieurtre de Gratien, ne pouvait pardonner cet acte de barbarie à un empereur dont il avait d'ailleurs éprouvé la Taiblesse. Ambroise n'alla point, il est vt*ai, l'attaquer sur son trône; mais toujours maître dans son église, il lui eh interdit l'entrée ; il l'arrêta luî-mértiesous le portique, et ne lui permit de passer outre, que lorsque ce maître du monde eut expié par une pénitence publique sa sanguinaire violence '.
Quelques-uns de mes lecteurs se révolteront sans doUte contre cette témérité du sacerdoce. Ils loueraient dans Uh tribun ce qu'ils ne souffriront pas de la part d'un prêtre. Hais où était alors la puissance tribunitienne, ce patronage du peuple contre l'oppression? Dans l'ordre politique la tyrannie h'avait alors de contré-poids que la révolte et l'assassinat. Lé prêtre chrétien était le seul homme qui put exercer ce ministère; il était inspecté des grands et des petits; il était reconnu par tous le hiissiotthaîre d'iih Dieu de paiit et dé charité. Il en abusa plus tard, je h'àùrai que Irop l'occâsiort dé le blâmer; je montrerai les progrès de son ambition, de son audace
1. Paulin, VUa Amb,, ch. ly; S. Aug., Cité de Dieu, dÙ. xxvi.
même. Mais ce temps n'était pas venu. Comme sujet, comme citoyen, le prêtre se tenaitencore dans les limites que Jésus-Christ avait imposées à son sacerdoce et jamais évêque n'avait été plus pénétré que saint Ambroise du sentiment de ses devoirs. Le prétendu vicaire du Dieu qui l'animait, le pape Syrice lui abandonnait la houlette du pasteur, c Ambroise, dit Tabbé Fleury ^j était regardé comme le principal défenseur des droits de TËglise. i II en était le chef véritable, au même titre que les grands docteurs que j'ai déjà mis en scène. Il en avait pris les fonctions dans son voyage de Sirmium, et même il en était personnellement convaincu, car dans sa lettre à Théodose sur l'affaire de Callinique, il osait dire qu'il ne pourrait se justifier lui-même auprès des évêques, s'il souffrait qu'un ordre parti de sa résidence allât frapper des chrétiens à l'autre extrémité de l'empire^. Il y a dans ces mots un grand témoignage du peu qu'était alors la papauté romaine et de l'autorité que s'attribuait l'évêque de la résidence impériale. Si ces mots étaient partis du saint-siége, quel avantage n'en auraient point tiré les défenseurs de la suprématie de l'Église de Rome I Us l'auraient présentée dès ce moment comme la tutrice, la régulatrice des Églises d'Orient. Mais le pape Syrice n'y songeait point. Il avait sans doute statué sur quelques points de discipline. La preuve en est dans une lettre écrite l'année même de son élection et qui est la première des véritables décrétales. Mais ce n'était point alors un