pitt. IV
acte de suprématie exclusive. Cyprien, Athanase, Basile avaient, après saint Paul, tracé des règles semblables en réponse aux consultations que leur adressaient les évêques. Syrice avait bien aussi renouvelé dans un concile de 386 la condamnation des Novatiens, des Donatistes, et obtenu de l'empereur Texil et la spoliation des Manichéens qui affluaient dans Rome \ Mais il n'y avait rien là que n'eussent fait tous les métropolitains de It chrétienté; et cette intervention de l'empereur nous offre de plus une preuve de la fausseté de la donation de Constantin, puisque le pape n'a pas le pouvoir de bannir de la ville, dont on le dit souverain maître, les hérétiques dont la présence l'importune. Ce n'était enfin qu'à de longs intervalles que Syrice manifestait sa sollicitude pour les intérêts du monde catholique, tandis que la vigilance d'Ambroise ne se laissait jamais surprendre; et l'histoire de l'hérésiarque Jovinien va nous offrir un nouveau témoignage de la négligence de l'évéque de Rome.
Ce Jovinien était un moine coquet, portant du linge fin et des tuniques de soie, pratiquant les bains et les cabarets, faisant le philosophe au milieu des amphores, comme dit saint Jérôme dans sa mordante polémique '. Si Ton veut se rappeler que soixante ans nous séparent à peine de saint Antoine, de la vie d'abnégation et d'humilité, d'austérités et de privations, de solitude et de pénitence que s'imposaient dans la Thébaïde les disciples de ce