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confusion qui règne dans l'histoire ecclésiastique de cette époque. L'historien Lesueur a eu, dans ses aberrations, la prétention de concilier les opinions, en proposant de ne considérer saint Lin, saint Clet et saint Clément que comme les coadjuteurs de saint Pierre; et Baillet ajoute qu'à la mort de Tapôtre ces trois vicaires réglèrent entre eux Tordre de leur succession dans la chaire pontificale. C'est ainsi que saint Lin y serait monté le premier, saint Clet le second et saint Clément le troisième. Ces questions sont étrangères au sujet que je traite. Mais ce qui ne Test pas, c'est que le jacobin Martinus Polonus, pénitencier du pape Nicolas III, et l'inventeur de la papesse Jeanne, ait prêté une formule ambitieuse au pape Clet dans ses lettres; que, selon ce chroniqueur du treizième siècle, il les aurait terminées par un salut et une bénédiction apostoliques. Aucune de ces lettres n'est arrivée jusqu'à nous. Celles que Mabillon a rapportées dans son recueil diplomatique,, ne contiennent cette formule qu'à partir du septième siècle et du pontificat de Jean V; et le jésuite Daniel Papebroch, dans son Esmi sur le Catalogue des Papes^ croit que l'usage s'en est seulement établi sous le neuvième des Léon. Que prouverait d'ailleurs cette formule au temps de saint (Uet, alors que tous les grands sièges prenaient, comme l'a dit Tertullien, le titre de siège Apostolique? Cela ne pouvait avoir d'importance qu'au temps de Grégoire YII, quand ce litre était devenu l'apanage exclusif du siège de Rome. Quelle certitude peuton fonder encore sur des pontificats contestés par des esprits judicieux, dont l'orthodoxie ne fut jamais mise
«*n «louti* ■* Lo <uire^<eiir nirme de saint CK*nienl a été un Mijf! lie controverse. Platine. Raroniuset beaucoup «lautres le nomment Anaclet. Baillet et Fleury le confoniient a\iv >aînt Clet. Le dernier, le plus considéré d«'> hiMorieuN tvelé^îastiques. ne place aucun pape entre Naint Lin c*t >aint t^K'-ment. Il va même jusqu'à insinuer, on iiUiux Ki*iphane et Kusèlte. que saint Clet. saint Anaolei et Naini Clrment piHirraient n'être qu'un seul et mrme ik^v. 0'1«^ de\iendrait alors l'assertion de Slartin.ïN IVIonu^^
t'ejvndani ni»u< arrivons au deuvième siMe, et nous y arrîxon> N,\n< ^uiile. sans doi^ument contemporain. Il ùivA pn^îiiîrt» jv»;;r \rai iv qui a l'ié convenu plus tard. l\»i;io> It^» hi>îi«irt^^ .le> temps primitifs se ressemblent ^;::' *v p.^iîîï . oi no >o:;: que dos traditions adoptées |V4V io^ *:i:urà:io:> >;îi\antes. .\iusi donc le Grec Ëvaîîxto >**va lo i r.îii;;:î îîîo ôxt\jue de Rome et le sujet de lï.\^a5i . VK'vr.îrol . ^vlui do l'empereur Adrien, comme No:\ n,;.\vnmm:* Saîo. nkî< Antonin IK^lisede Rome sera Kx^uxo'. :\x* jviï W lo-pluw. H>vin ot Pie. Ce dernier con- *i;.iuta v^: jvî.îuÀî >o-- Man-AuKle, Auioet lui suc- ,Mo x.i.\,i:^î l;i>:is\ lo:MÎ!io:îoï r.pîphane, tandis que ;,.^ \ , ,., X . :x îc» N.iiiîi Jon'-me le placent o.»i>« -^iiîîî Tv i 0^1 ^\■^ à:u\:ii îaii n^marquable ne lie ^^, ,l'.\ pix-.v.u'vx l\;iVN .»,:\ ir..^:;\tinT^îiix du sitvle et ne j ,,.,,. ,,., .;;,,. .î,;io .viTi -o ,\ :.':;r . î:rv^:ioK^ie. On leur \,,,ili,;.- \ l.i x.;.^ .;;:o:,:;;o-::>^î^:îi^^î^>. Saint Clément ,^,, ,,^ ,, M, ^^^^. Ux^ii.o ao> m vily^ {Mur rt>liAT les Ac- ^. .U"* Mk,»\.x Viî4.:.i ,u::a;i ordonno aux clercs de
de Rome en paroîs.ses. et ajouté du sel dans l'eau bénite. Il aurait obligé les fidèles à en garder chez eux. Sixte aurait interdit aux laïques de toucher les vases sacrés. Télesphore aurait porté à sept semaines le jeûne du carême. Hygîn aurait réglé les hiérarchies ecclésiastiques; mais ce ne sont là que des règlements de discipline intérieure, et quoique de savants docteurs les aient niés, il est indifférent de les rejeter ou de les admettre, puisqu'on n'avance pas que ces actes devenaient obligatoires pour les diocèses voisins.
Les évêques de Rome ont assez de peine à se maintenir contre Tautorité persécutrice des Césars, sans se mêler encore de la discipline et de l'administration des autres Églises. Des hérésies naissent de toute part, sans qu'ils apportent leur opinion personnelle dans le débat. Depuis répître adressée par saint Clément à l'Église de Corinthe, l'évêque de Rome ne s'est mis en relation avec aucune autre. Les décrétales qu'on attribue aux premiers Papes sont désavouées par l'Église tout entière; et il est maintenant reconnu que ces prétendus décrets du saint-siége furent fabri(|ués par un moine espagnol nommé Isidore Mercator, vers la fin du huitième siècle ou le commencement du neuvième, pour donner aux prétentions des Papes de ce temps une antiriuîté qui put équivaloir à des droits incontestables. Pendant cent ans l'Église de Rome demeura isolée, muette, et ne se révéla que par ses martyrs. La secte des Ébionites s'élève dans Jérusalem après la sanglante conquête de Titus, qui aurait dû mettre un terme à ces dissensions. Elle trouble l'Asie par ses doctrines qui partagent le monde entre
Dieu et le Diable, et qui renient saint Paul au nom même de saint Pierre, sans que les successeurs du prince des apôtres le lavent de cette calomnie. Cerynthe et Menandre, le disciple de Simon le Magicien, publient impunément leurs erreurs. Je ne dis rien d'Apollonius de Thyanequi opposait ses miracles à ceux de Jésus-Christ. Ce faux prophète était ouvertement suscité par les païens : et les chrétiens, à peine tolérés dans Tempire, n'auraient point ose* attaquer un homme, qui, suivant l'expression de Bayle, s'était fait le singe du Fils de Dieu ^ Ils ne Toscrent pas, même après sa mort. Sa mémoire était en trop grand honneur auprès des Césars, dont les chrétiens redoutaient la persécution toujours prête à se ranimer. Ce fut seulement sous Constantin que se réveilla leur indignation tardive. Eusèbe et Lactano^ ' se signalèrent dans c^tte guerre posthume contre la divinité d'Apollonius. Mais au temps de ses prédications et de ses apothéoses, TÉglise chrétienne courbait la tête en silence devant le rival que le paganisme atfectait d'opposer à son Dieu. Je m'en tiens aux hérésies qui naissaient dans le sein même de l'Église et que ses évéques avaient mission de combattre.
Cette mission ne fut point remplie par celui de Rome. Ce fut saint Ignace, le successeur d'Evodius au siège d'Antioche, qui se fit le flambeau, le guide suprême des chrétiens de son temps, Thomme des premières années du second siècle du christianisme. Il s'adresse à toutes