I. Palfade, HiH. Laos., tiv. V, ch. li
de leur retour au sein de la divinité après cette purifica* tion. Cette hérésie d*Origéne détruisait l'éternité des peines, ouvrait même aux démons uiTe voie de salut; et comme il prêchait en même temps Tanéantissement des corps, les purs y découvrirent comme une monstrueuse' conséquence la négation de l'humanité passagère de Jésus-Christ.
Pammaque, Océanus, Marcelle, tous les amis de saint Jérôme et Paulinien, son frère, l'avertirent du ravage que cette traduction faisait dans TOc^^ident et du tort que la préface portait à sa réputation' personnelle. Le solitaire de Bethléem oublia qu'il avait écrit qu'auprès de la sainteté de Rufin il n'était lui-même que poussière. Il protesta contre l'ancien docteur que Rufin venait d'ex* humer, et surtout contre la complicité morale, dont on prétendait le charger lui-même. Il se brouilla hautement avec son ancien ami. Il écrivit à saint Épiphane, à Théophile d'Alexandrie pour provoquer la condamna* tion du livre d'Origène. Ses amis de Rome s'adressèrent en même temps à l'évêque Anastase, qui, reprenant les traditions de Damase, ordonna à Rufin de comparaître devant lui. Mais ce n'est point de Rome que partit l'anathème. C'est le métropolitain d'Alexandrie qui condamna tout à la fois Origène et son traducteur; et le pape Anastase ne fit que répéter une sentence à laquelle adhérèrent successivement tous les Occidentaux et ce même Jean de Jérusalem qui avait d'abord écrit en faveur de Rufin. Ainsi saint Jérôme n'a pas même fait appel à la juridiction romaine. C'est au contraire à Tévêque d'Alexandrie qu'il a déféré le livre et le coupable ; et
c'est par le zèle seul de ses amis de Rome que le pape a été mêlé dans ce procès ^ La lettre d*Anastase à Jean de Jérusalem atteste lAême quMl ne tirait aucun avantage pour son siège de cette condamnation ; et en disant de Rufin : t Qu'il cherche ailleurs qui pourra l'absoudre, i il fait entendre qu'il ne veut pas imposer son opinion aux autres prélats de la chrétienté.
Le témoignage de saint Augustin est plus important. Dans une de ses disputes avec les Donatistes, Févéque d'Hippone, ayant occasion de citer TÉglise romaine, dit que c'est en elle qu'a toujours résidé la prééminence de la chaire apostolique, comme on l'avait fait dire à saint Irénée deux siècles auparavant. Mais qu entend-il par cette prééminence? Quelles prérogatives y attache saint Augustin? Nous le voyons convoquer et diriger sept conciles d'Afrique sans songer à en demander l'autorisation à l'évêque de Rome. Ces conciles règlent différents points de discipline applicables à la chrétienté tout entière; et ils ne soumettent point leurs canons à l'approbation du pape. Saint Augustin explique luimême ces canons dans divers écrits, et se pose comme arbitre de la foi. Bien plus, le quatrième de ces con elles s'attribue exclusivement le jugement des évêques de la province *. Le troisième leur défend d'entreprendre sur les droits des autres, défère les coupables à Tautorité civile, et donne au métropolitain de Carthage le droit exclusif de créer de nouveaux diocèses. On peut