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n'aient pas fait usage de cet argument, on doit être surpris de leur ignorance. Ce scandaleux débat dura neuf mois, et quelques auteurs ont prétendu que la sentence ne fut pas prononcée. Mais loin de chercher à calmer ses ennemis, Chrysostôme ne cessait d'irriter leur colère et tonnait plus fortement encore contre les vices et les iniquités de son temps. Eudoxie et l'empereur se lassèrent d'attendre. Le bras séculier trancha cette querelle, et la passion de la vengeance prit la place de la justice. Le saint évêque fut chassé de son Église, le20 juin 405, enlevé à son peuple que continrent cette fois des légion»'Be barbares; et, traîné par des gardes jusqu'au fond de la Bithynie, il fut relégué par un nouvel ordre dans la ville arménienne de Gueuse. Une horrible persécution sévit contre les amis de l'exilé ; et l'un de ses plus violents adversaires, le prêtre Arsace prit possession de sa chaire.
C'est ici que commence l'intervention de l'évêque de Rome. Poursuivis et traqués par les proconsuls et les satellites de l'empereur Arcadius, les partisans de Chrysostôme se réfugient en foule dans l'Italie. Les évoques Pappus de Syrie, Pansophc de Pisidie, Eugène de Phrygie, Demétrius de Galatie y apportent les lettres de quarante-deux autres prélats et de Chrj^sostome lui-même. 11 s'adresse à l'évêque de Rome, mais sa lettre est aussi destinée à tous les évêques d'Occident. L'empereur Honorius le confirme lui-même, en écrivant à son frère Arcadius que les amis de Chrj^sostome se sont adressés aux prêtres de la ville éternelle et de l'Italie. Des lettres semblables sont apportées à Vénérius de Milan, à Chro-
matius d'Aquilée. Un prêlre du nom de Théoctone arrive bientôt avec les doléances d'un synode de vingt-cinq évêques partisans du proscrit. Cyriaque de Synnade, Eulysius d'Apamée, Thistorien Pallade s'y réunissent enfin, chargés des messages de quinze autres, et notamment du vénérable Anysius de Thessalonique. Ce vieillard est le seul qui porte directement l'affaire devant révéque de Rome, les autres semblent en appeler à tous les évéques d'Occident; mais tous en définitive arrivent dans la ville étemelle. Leurs adversaires même ne restent point en arrière. Ils ne disent plus, comme au temps de Damase et de Théodose, que les Occidentaux n'ont pas à contrôler leurs décisions ; ils ne proclament plus leur indépendance absolue. Leurs successeurs y reviendront; mais dans cette circonstance, ils oublient leur fierté orientale. Trop des leurs ont passé la mer, pour qu'ils ne redoutent point le résultat de leurs plaintes, pour qu'ils ne sentent point la nécessité de s'en justifier, mais il est juste de remarquer que c'est à Rome seulement que les ennemis de Chrysostôme s'adressent. Il faut même ajouter qu'un lecteur d'Alexandrie, dépêché par Théophile, y a devancé les plaignants *. Un autre prêtre du nom de Pierre et le diacre Martyrius l'ont suivi de près, et ils remettent à l'évêque de Rome, de la part de ce même Théophile, la sentence du synode du Chêne. Le prêtre Paternus de l'Église de Constantinople est chaîné des mémoires d'Acace de Bérée, d'Antiochus de Ptolémaïde, de vingt autres prélats qui ont figuré dans ce