I. Pallide, p. 9 et
synode et dirigé le bras de l'empereur d'Orient. Aucun d'eux ne vient plaider l'équité de la sentence, ils se bornent à en apporter le texte; leurs lettres sont même injurieuses : la forme en est hautaine, insolente ^ Mais c'est se défendre, c'est reconnaître en quelque sorte les prérogatives du saînt-siége. Ils les nieront plus tard. L'Église d'Orient nous donnera encore bien des témoignages contraires; mais il n'est pas moins vrai que le pape Innocent I*' pouvait dès ce moment se regarder comme l'arbitre suprême de la chrétienté, car tout en invoquant l'assistance des évêques occidentaux, Chrysostome leur demandait de faire prononcer l'anathème par le siège apostolique.
Innocent n'en témoigna ni fierté ni ambition , et s'il en montra plus tard dans l'affaire de Pelage, il sut les dissimuler dans une circonstance où tout semblait se réunir pour les justifier. Peut-être pensait-il qu'il y avait en Orient un César qui se serait moqué de ses sentiments, qui s'en serait irrité, que les amis de Chrysostôme en auraient été plus malheureux, et qu'il aurait fermé roVient à ce grand nombre de proscrits qui s'étaient réfugiés en Italie. N'importe; exposons les preuves de sa modération, et n'y voyons que le sentiment éclairé de ses devoirs et de ses droits. Il blâme la précipitation de Théophile à faire condamner un accusé qu'on n'a pas entendu. Il observe qu'aucun témoignage ne justifie la condamnation de Chrysostôme, il improuve en tout le synode du Chêne; mais il n'en casse point les décisions.