Fleury, liv. XXV. ch. v et vu
à Thérésiarque pour se rétracter * , et si, dix jours après radmonition, Nestorius n'a point abjuré ses erreurs, il commande à Cyrille de donner un nouvel évèque à Constantinople. Pour Tencourager à remplir Tétrange mission qu'il lui impose, il lui dit qu'il s'agit de la foi que soutiennent également les Églises de Rome et d'Alexandrie. Mais la pensée de nommer ou de faire nommer par un délégué un évoque de la résidence impériale, était une prétention que jusqu'alors rien n'avait autorisée, et sur laquelle jetaient une teinte de ridicule l'opposition probable de Tbéodose et la séparation constante des deux Églises. L'empereur et le primat de Ck)nstantinople, dit (fibbon 3, n'étaient pas en effet disposés à se soumettre h un décret d'un prêtre d'Italie. Sans avoir égard à ce décret, les évéques et les clercs des deux partis renouvel^rent la demande qu'ils faisaient depuis longtemps d'un concile général pour mettre un terme à ces bruyantes controverses; et les deux empereurs s'entendirent pour le convoquer. Ils écrivirent l'un et l'autre aux évêques do leur empire, ils désignèrent la ville d'Ëphèse pour la tenue de cette assemblée, et il est impossible aux avocats du saint-siége d'attribuer cette convocation à un pape qui devait au contraire en proclamer l'inutilité. Elle attestait évidemment que la sentence de son concile était considérée comme non avenue. Le pape lui-même semble le craindre en nommant trois légats pour assister en son nom au concile d'Ëphèse dans le seul but de le faire
t. OmeUe SÈpkète, cb. xv. Épi/, eonire Nettoriui, t. Gh. XLvn.
adhérer à cette sentence au lieu d'en prononcer une nouvelle.
Il n'entre point dans mon sujet de raconter les nombreux incidents de cette assemblée, les scandaleuses fureurs des deux antagonistes, la protection dont Théodose le Jeune ne cessa d'entourer Nestorius, les reproches adressés par cet empereur à Cyrille, qu'il accusa personnellement de ces troubles, l'audace de cet évêque à se jouer de ces reproches, à présider cette assemblée, à la diriger, malgré l'opposition des officiers que César a chargés d en faire la police. Je n'écris point l'histoire des hérésies; je me borne à raconter la part qu'y ont prise les évêques de Rome, les prétentions qu'ils ont manifestées, les avantages qu'ils en ont retirés, et nous allons voir les efforts que feront les légats pour donner aux décisions de ce concile Tapparence d'une adhésion aux décrets de Rome plutôt que le caractère d'un jugement suprême. Leurs instructions étaient à cet égard fort précises. Célestin leur ordonnait de maintenir l'autorité du saint-siége, de ne pas répondre aux contestations qui tenteraient de la nier, d'assurer Texécution de la sentence qu'il avait rendue. Mais tout prouve qu'il ne fut fait d'abord aucune mention de cette sentence. Cyrille n'attendit même pas les légats de Célestin pour commencer l'information. Sa précipitation fut telle que les évêques de Syrie et de l'extrême Orient n'étaient pas plus arrivés que les envoyés de Rome, quand la condamnation de Nestorius fut prononcée. C'est le 22 juin 431 que Cyrille proclama cette décision, et ces envoyés ne parurent que vingt jours après. La lecture des lettres
qu'ils apportaient de la part de C(^Jestin, fut saluée par de bruyantes acclamations. On lui donna les surnoms de nouveau Paul, de conservateur de la foi. Mais il est évident que dans la pensée des Pères d'Ëphèse ces lettres ne furent regardées que comme une conformité de sentiments, car ils ajoutèrent ces mots : A Célestin, qui s'accorde avec le concile * ; on ordonna que ses lettres fussent insérées dans les actes , en conservant aux décisions du concile leur caractère de spontanéité et d'indépendance. Mais un évoque de Cappadoce nommé Firmius s*étant écrié dans son enthousiasme que la sentence rendue par le concile était la confirmation de celle de Rome, les légats se saisirent habilement de cette observation pour attribuer au pape Célestin toute la gloire de ce triomphe sur rhérésie. Le légat Philippe établit la primauté du siège de saint Pierre et les prérogatives de celui qui en tenait la place. L'évéque Arcade, son collègue, se bâta d'ajouter que le très-saint pape Célestin ne les avait envoyés que pour veiller à Texécution de son décret; et il proclama de nouveau Texcommunication et la déposition d^ Nestorius. Le troisième légat, l'évêque Projectus, répéta que c'était là Tobjet de leur mission et prononça dgalement Tanathème. Aucune opposition ne fut manifestée ; Cyrille ordonna que tout ce qui a\'ait été fait k Rome el à Éphèse fftt confondu dans les mêmes actes; el les trois légats y apposèrent leur signature comme tous les membres de cette assemblée. Les avocats du sainl-sîdge de^-aîeut être satisfaits de ce triomphe, el ils