‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 82 sur 268 · I. omîi^ dripkiÊt^i. m, p. «ta · texte numérisé non relu

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n'avaient pas besoin d'ajouter que Cyrille n'avait présidé le concile que par une délégation du pape. Ni les évéques d'Orient, ni les officiers de l'empereur n'auraient souffert cette nouveauté, ce témoignage de suprématie. Aucun historien contemporain ne l'atteste, ni Ëvagre, ni Socrate, ni Liberatus. Si l'évéque Cyrille avait présidé, c'est que le métropolitain de'Constantinople étant soumis au jugement du concile , cette présidence revenait de droit au métropolitain d'Alexandrie. Disons seulement que Cyrille parut très-flatté de la lettre que Gélestin lui avait écrite, et que dans un sermon prononcé le lendemain dans la basilique d'Ëphèse, il le qualifia de père, de patriarche, d'archevêque de toute la terre. Mais c'était là une opinion particulière, et l'Orient nous fera voir plus d'une fois qu'il était loin de la partager.

Célestin dut cependant s'applaudir d'une victoire qui le consolait du manifeste des Africains. Mais son arrêt ne fut pas plus efficace que celui du concile. Nestorius, dépossédé de son siège, alla mourir dans l'exil ; mais le nestorianisme ne fut point enseveli dans sa tombe. Il était ouvertement protégé par la cour de Constantinople. Théodose le Jeune ne permit point aux partisans de Cyrille de poursuivre leur vengeance sur l'évéque d'Antioche et autres Orientaux qui avaient défendu Nestorius et déposé les chefs et les promoteurs du concile d'Ëphèse. L'empereur cassa de son autorité privée les anathèmes des uns et des autres. Il força tous ces turbulents de garder la paix de l'Ëglise; il les renvoya tous dans leurs diocèses; et les lettres du pape Célestin ne purent triompher de sa tolérance. Ce pape en écrivit beaucoup, afin de

bien consolider sa victoire. Il s'en attribua tout l'honneur. Il se posa en chef de l'Ëglise universelle. Il écrivit aux Pères du concile pour les féliciter du zèle qu'ils avaient montré pour la foi. Il leur défendait d'admettre à leur communion ceux des évéques d'Orient qui persisteraient à soutenir la doctrine de Nestorius. Il serait allé même jusqu'à dire que les récalcitrants devaient être bannis de leurs sièges, quand même l'empereur les y aurait rétablis '. Et ce serait le second exemple d'une atteinte portée à l'autorité impériale par l'évéque de Rome ; mais je ne sais trop s'il faut l'admettre, ou si l'historien des conciles n'a point inventé ces paroles; car les lettres de Célestin à Théodose sont bien différentes, et ce serait prêter à ce pontife une duplicité qui pèserait sur sa mémoire. Il louait l'empereur d'Orient de son zèle pour la foi catholique, ce qui serait déjà une flagornerie indigne de son caractère. Il le remerciait d'avoir laissé ordonner le patriarche Maximien que les évéques avaient substitué à Nestorius dans la chaire de Constantinople. Il écrit ensuite à ce nouvel évêque pour l'engager à réparer les désordres de son Église; et le regarde comme le successeur immédiat de Sisinnius, retranchant ainsi tout le pontificat de l'hérésiarque. Sa quatrième lettre enfin, adressée au peuple et au clergé de la capitale d'Orient, les engage à soutenir leur nouveau patriarche, à demeurer fidèles à l'ancienne doctrine, que Maximien a puisée, dit-il, dans TÉglise romaine. Il ramène tout à son siège. Mais il surgira bientôt en Orient une

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