‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 91 sur 268 · Tillem., d'après Evagre, t. XV, p. 645 et suiv · texte numérisé non relu

Tillem., d'après Evagre, t. XV, p. 645 et suiv

patriarche Anatole leur fit obsen-er qu*ils a^ssaient en cela comme parties, et que dans ce cas, ils ne- pouvaient siéger comme juges. Mais les délégués de Marcien, véritables présidents du concile, donnèrent raison aux légats, en faisant descendre Dioscore du siège qu*il avait pris et en déclarant qu il ne pouvait paraître que comme accusé ^ Son insolence n*en fut point déconcertée. Il avait de nombreux amis dans rassemblée, et quand Théodoret de Cyr y fut introduit comme accusateur, il s'écria que la présence de cet évêque violait les canons de TËglise, attendu qu'il avait été déposé par un concile. Les évêques de Palestine, d'Egypte et d'IUyrie applaudirent à cette sortie de Dioscore, criant que la foi était perdue, «t ils demandèrent l'exclusion de Théodoret, en vertu de ce concile d'Ëphèse, traité de brigandage et de conciliabule, que saint Léon n'avait jamais voulu reconnaître, dont il ne voulait pas même qu'il fût mention ; et parmi les prélats qui soutenaient en ce moment Tautorité de ce faux concile, se trouvaient ceux de l'Illyrie où la juridiction romaine n'était plus contestée. Les évêques de Thrace et d'Asie soutinrent au contraire la présence de Théodoret. Ils traitaient de séditieux et d'assassins ceux qui le repoussaient et qui leur rendaient les noms de blasphémateurs et d'hérétiques. Le patrice Anatole eut raison de leur crier à tous qu'ils se conduisaient comme la plus vile populace. Il apaisa cette scandaleuse dispute qui les dégradait les uns et les autres. Théodoret fut admis et entendu comme accusateur, Dioscore fut con-

i. Cane, de ChakèMne, p. 09.

damné et déposé. La sentence d'Eutychès, celle même de Nestorius furent confirmées, tous les actes du conciliabule d'Éphèse annulés; et jusque-là les légats de Rome purent croire que leur cause entière était gagnée. Leur orgueil alla même jusqu'à joindre à leur signature le titre de légats de TÉglise universelle. Mais cette affectation de revenir sans cesse à ce témoignage de suprématie dut déplaire aux évoques d'Orient, à Marcien lui-même qui avait assisté aux derniers débats. On peut dire encore, sans encourir le reproche d'exagération^ que l'absence des Occidentaux, représentés seulement par les quatre légats, devait être aux yeux du concile un témoignage d'abnégation qui contrastait avec le fréquent exercice de leur indépendance, et qu'ils étaient peu tentés de tomber eux-mêmes dans cette espèce d'asservissement.

On ne peut attribuer qu'à un pareil sentiment la proposition qui surgit tout à coup dans la cinquième séance, au moment où les légats devaient croire que tout était fini. Cette proposition était : que le concile procédât à une nouvelle définition de la foi. On se demande encore quel était T auteur de cette proposition qui surprit les envoyés de Rome. Mais l'obstination avec laquelle les officiers de l'empire la soutinrent, aurait dû lever tous les doutes. Elle était évidemment suggérée par l'empereur. Cette définition était même déjà rédigée; et Baronius en attribue la rédaction au patriarche Anatole ^ Les légats Pascasin et Lucence s'opposèrent vivement à la discus-

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