‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 2)Chapitre 97 sur 268 · I. UUt.univ., U XXVI, p · texte numérisé non relu

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l'ordre du souverain. II n'alla point cependant jusqu'à dissoudre cette assemblëe. Mais il lui signifia une loi qu'Odoacre venait de rendre pour empêcher à l'avenir l'aliénation des ornements, des vases sacrés, de tout ce qui appartenait aux églises, déclarant que la prescription même ne pourrait garantir les acquéreurs de la restitution du capital et des frais. Cette loi fait supposer qu'à l'avènement d'un pape le peuple se ruait sur son église ou sur sa maison pour les piller; et ce que fait encore ce même peuple en s' abattant sur la cellule et la demeure du cardinal promu à la papauté n'est peut-être qu'une imitation du pillage que je suppose. Félix m fut élu le même jour, en présence du préfet, et reprit immédiatement la politique du saint-siége. Instruit par Jean Talaîa des intrigues du patriarche de Constantinople, fort de l'approbation d'un concile romain, il écrivit à Acace et à l'empereur Zenon, pour se plaindre de ce qu'ils n'avaient point répondu à la lettre de Simplicius, pour demander en quelque sorte raison de la violation de leurs promesses, du maintien de Pierre Monge au siège d'Alexandrie, de leur peu de respect pour la lettre de saint Léon et pour les actes du concile de Chalcédoine. La suppression de cette lettre dans Vhénotique détruisait le rêve de suprématie universelle que son inser^ tion avait fait concevoir au pape Léon et à ses successeurs; et tout prouve que cet édit n'avait été rédigé et publié, que pour satisfaire la susceptibilité des Orientaux qu'importunait cette prétention des évêques de Rome. Félix m le savait comme Simplicius; il exhortait Zenon

à ne pas souffrif qu'on eût Taudace de renier celte lettre, il lui rappelait que Dieu l'avait replacé sur son trône, il rengageait à ne pas Toublier, il le menaçait de la colère céleste s il persistait dans son ingratitude *. Le patriarche Acace recevait les mêmes l'eproches et les mêmes menaces, et les deux missives furent confiées aux évêques Vital et Misène. Mais ce n'est point par leurs mains qu'elles furent rendues à leur adresse. Soit que Zenon fût déjà instruit du contenu de ces lettres rédigées dans un synode romain, soit qu'il n'en eût que le pressentiment, il fit arrêter les deux légats au moment où ils mettaient le pied sur la plage d'Abydos, leur fit enfever leurs papiers et les tint en prison pour les forcer de communiquer avec ce Pierre Monge dont ils venaient poursuivre la déposition. Les mauvais traitements triomphèrent en effet de leur résistance. Les deux légats reconnurent cet évêque pour légitime possesseur du siège d'Alexandrie, et communiquèrent avec tous les hérétiques qu'avait condamnés le pape dont ils étaient leâ délégués. Félix fut informé sur-le-champ de l'apostasie de Vital et de Misène par un moine du couvent des Acémétes que lui avait dépêché leur abbé Cyrille; et quand les deux renégats osèrent reparaître à Rome, leur évêque les frappa d*anathème et les fit dépouiller de l'épiscopat par un synode, qui prononça plus tard l'excommunication du patriarche de Constantinople ^.

Acace et son empereur ne firent aucun cas de ces

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