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de Saxe n'avait contre lui que la fsiibleaae de m^ p^fti. Ses pè|*es et lui-même s'étaient montrés cqnstaniinent |es amis du saint-siége; et Gui Paré, évéqu0 da Pale$tnne, partit immédiatement pour le faire reconnaître compoe roi et futur empereur. Ce légat était porteur de lettres îidr^ssées à tou^ les princes d'Allemagne et à Othon lui-iTiéme. € Nous vous recevons pour roi, lui écrJYait-i|, p^r Tau-r 1 torité qui nous a été donnée en la personne de saint 1 Pierre, et i^ous vous donnerons solennellement la cou^ » ronne impériale. >
Une vigoureuse opposition se manifesta ^n Al|emagnf( à la réception de ces lettres. Le duc de Bplièm^ Préipislas^ les évêques, les abbés et les seigneurs du parti de Pt^|-. lippe, répondirent au pape c qu'ils ne con^pr^nai^i^t p^s; » de quel droit il se mêlait de l'élection du roi des |ifH- » mains. Ses prédécesseurs n'avaipnt jaipais eu une pa- » reille audace; il ne leur appartenait fP^ïne pas de juge^^ » de la validité de cette élection, eux qu'on ne pouvait » même pas élire sans l'autorisation ifnpériale. Si l'eipT 1 pereur Henri II avait été asse? simple pqur péder soi) » droit, comment les Papes ont-jl^ osé s'attribi^e^ c^|^| 3 qu'ils n'avaient pas : Jésus-Cbrî^t leuy a interdit les » affaires temporelles. Le couropu^ment dfi ç^\^\ qu*il§ » ont élu lui est imposé comme m devoir. > Les amis de; Philippe de Souabé auraient pu sp flispepse^ de parler de ce couronnement, qui n'était ap fqpd qu'une fap^isie du roi Pépin. Us fournireut ^W pap^ up argument qui avait une certaine pui3sanp0. i Celui qu| couronne, diy sait-il, a le droit d'examiner si )p s^îQ^ en ^t digpe. » Serions-nous obligés de OQUironner i]n fpu, un saprilége,
1 un excommunié, s'il vous plaisait de Télire? Vous êtes 1 partagés, d'ailleurs, et dans ce cas le saint-siége a le • droit de choisir, comme il Ta déjà fait dans la double i élection de Conrad et de Lothaire. t Philippe-Auguste protesta aussi contre le choix du pape. Quoique l'Angleterre eût changé de maître^ et qu'au lieu du redoutable Richard, il n'eût plus en face que le lâche Jean-San»- Terre, le roi de France resta fidèle à Philippe de Souabe. Mais au lieu de répondre à sa protestation. Innocent m l'attaqua lui-même sur son divorce et sur son mariage avec Agnès de Méranie. Il lui ordonna de renvoyer cette princesse, de reprendre Isemberge; et, sur son refus, il lança l'interdit sur le royaume de France. C'était une calamité publique; plus de baptêmes, plus de sépultures, plus d'offices, plus d'églises ouvertes. Des évêques osèrent protester contre cette rigueur du pape ; il les excommunia et ils se soumirent. Le roi voulut les punir de leur complicité avec le saint-siége, exciter le peuple à la rébellion contre l'Église. Le peuple se retira de lui comme les prêtres ; et il fut contraint de renvoyer sa maîtresse pour se remettre en paix avec le pape Innocent III.
Les regards de cet altier pontife étaient ouverts sur la chrétienté tout entière. Un prêtre apostat nommé Suer, s'étant emparé du royaume de Norwége, le pape écrivit à l'archevêque de Dromtheim de l'excommunier ainsi que tous ses adhérents, et de mettre l'interdit sur toutes leurs terres. Les rois de Danemark et de Suède recevaient en même temps l'ordre de marcher contre l'usurpateur. Le prince André de Hongrie s'était croisé pendant la vie de Bêla son père; mais, à la mort du roi, il avait pris les
armes contre son frère aîné Emeric. Le pape loi ordonna de partir, sous peine de perdre tous ses droits à la couronne. Il ordonnait en même temps au roi Emeric de chasser de ses États le Ban de Bosnie qui protégeait des hérétiques. Il donna à un prince dalmate nommé Voulc ou Vulcan, le titre de roi de Servie, à condition que ce royaume serait feudataire du saint-siége. L'empereur de Constantinopîe, Alexis T Ange, s'étant avisé de le complimenter sur son avènement, Innocent III Ten remercia par de violents reproches, l'accusa de ne pas seconder les libérateurs du Saint Sépulcre, de souffrir que les Grecs restassent séparés de TÉglise romaine. Il le menace même de ses rigueurs s'il ne se croise pas contre les infidèles. Alexis TAnge lui répond que les chrétiens d'Europe ont commis tant de péchés en Orient, que Dieu ne lui permet pas d'aller à leur secours ; il se plaint de Barberousse qui a porté en passant le fer et la flamme dans son empire. Le pape avait écrit en même temps au patriarche Camatère pour l'inviter à reconnaître la primauté de la chaire de Saint-Pierre^ et le patriarche lui ayant répondu que Rome ne pouvait pas se dire la mère de toutes les Églises, puisqu'elles sortaient toutes de celle de Jérusalem, Innocent III répliqua par un long plaidoyer en faveur de son siège. Cette réplique du pape est un tissu de subtilités. dont la plupart condamnent même son ambition. Jérusalem est la mère à raison du temps; Rome à raison de la dignité. Jérusalem est la mère de la foi, Rome est celle des fidèles. Cette longue lettre du 12 novembre 1499 se termine par une injonction d'assister à un concile général sous peine d'encourir
la colèi^ du pape. L*eiiipereur et lé patriarehe se npetitirent de s*être exposés à de pareilles menaces par une civilité mai entendue. Le premier, blessé de cette injonction, ayant observé que Tempire était au-dessus du sacerdoce, s'attira utle iréplique plus vigoureuse encore. Innocent lit expliqué à àon avantagé les paroles de Jésus- Christ et de saint fierte;i\ en conclut que le pontife étant souverain pour lé spirituel, doit dominer le temporel comme !*âme domine lé borps. Les deux grands luminaires que Dieu à mis dans le ciel signifient selon lui que rËglise a reçu la dignité pontificale et la royale. Tune pour présider aux choses spirituelles^ Fautre aux corporelles, et qu'il y a entre elles autant dé différence qu'entre le soleil et la lune. L'abbé FiëUry ise moque un peu dé cette comparaison ^ ; et l'empereur Alexis ne jugea pas à propos de continuer ce dialogué épistolaire. Mais la vengeance d'Innocent ne se fit pas attendre. Les Bulgares s'étaient révoltés contré bytance, la pape encouragea cette rébellion; et, trois àhs âprès^ leur général Joannice ayant ramené soii peuple à l'Église romaine, r^çut en échangé la couronne dé Bulgarie; A tes deux rois par la grâce du saint-siégé, Innocent III en ajouta un troisième. Le duc t^rémislasdé Bohême ayant répudié sa femme pour vivi^e avec une concubine, son empereur Philippe de Souabe avait provoqué sa déposition, et Premitias avait quitté son parti pour prendre celui d'Othon de Saxe. Ihnbtent lit oublia qu'il avait excommunié lé roi de Fratiëe pour une faUté pareille^ et réeoînpensa celte dé-
i. Uv; LiXV, eh. m.
fectiotl pàl* le titré dé roi dé Bohéitie, parte qU4t ^referait à l'honneur de venger ia morale j[)UbIiqiie ràvahtagé de procurer un allié puissant à la cause de sOn faVt>ri. Pierre II d'Aragon vint, à peu près dans le mêrhë temps, se faire couronner à Rome par le pape et se rendre vassal et tributaire du saint-siëge. Mais hous lë iiBtrbuveronA plus tard parmi ses ennemis les plus acharnés, quand il sera témoin des horreurs doht les Albigeois seront les victimes.
Avant cette croisade qui révolté Thuitianité, parlons de celle t|ui ne fait que l'attrister. Innocent III n'était point corrigé de Cette pieuse folie pàt* le malheur des trois premières, et par le sacrifice d'un million d'hommes; Ses légats parcoururent la France et rAllemagne pour lever de nouvelles armées. Une foule de hioines se mit à leur suite, et le fameux Foulques déNeuilly remplit cette fois le rôle de Pierre l'Hermite., Innocent III écrivait eh même temps à l'empereur de Gonstantinople, à tous les princes qui se trouvaient sur la rOute des nouveaux croisés pour assurer leur passage. Itlais aucun roi ne pil^ rut à la tête de ce nouvel armement. L/bà comtes de Champagne et de Blois, le itiârquis de Montferrat, lé comte de Flandre en furent les principauii chéfe^ et dhquante mille hommes à peihe suivirent leurs bannières. Les Vénitiens se chargèrent de les transporter, mais & condition que les croisés leur soumettraient en passant la ville de Zara, malgré la défense que le pape leur avsdt faite d'attaquer deâ chrétiens. Ces noUVéaiix erbisés né firent i^ue cela. Ils détruisirent l'empire grée de Constant tinopie et s'y établirent en maîtres. Jérusalem n'en vit
aucun. Innocent III fut indigné de leur conduite; mais il sentit le danger d'excommunier des croisés dont Jésus- Christ n'aurait plus voulu pour délivrer son lombeau, et il se borna à ordonner la restitution du butin qu'ils avaient fait sur de malheureux chrétiens. Il était impossible d'exécuter un pareil ordre, et le pape finit par approuver des conquêtes qu'il avait d'abord blâmées.
Il s'occupa bientôt de rétablir la paix entre les rois de France et d'Angleterre: et c'était, il faut le dire, le légitime exercice d'une autorité que les Papes prétendaient tenir de Dieu même. Mais il n'entrait dans la pensée d'Innocent III qu'une politique toute mondaine. Son unique but était d'imposer sa volonté à des puissances terrestres. Celait un commandement qu'apportait aux deux rois l'abbé de Casemaire, et tous les«iioines des deux royaumes étaient sommés de seconder sa mission. Philippe- Auguste répondit que le pape ne devait point se mêler des querelles des rois avec leurs vassaux. C'était en eflFet comme suzerain de Jean-Sans-Terre qu'il avait pris le parti des seigneurs opprimés par cet exécrable tyran. Le lâche venait même d'ajouter à ses crimes le meurtre de son neveu Arthur de Bretagne. La Cour des Pairs, assemblée pour la première fois, avait condamné Jean-Sans-Terre; et Philippe- Auguste, en vertu de cet arrêt, confisquait toutes les provinces de ce royal assassin. Innocent III aurait dû s'associer à cette vengeance, c'eût été un assez juste emploi de l'excommunication dont il faisait abus. Il blâma au contraire le roi de France, par cela seul que Jean-Sans-Terre l'avait, déféré à l'Église de Rome et que Philippe avait, dans ce cas, décliné sa juri-
diction. « N'est-ce pas une œuvre damnable, lui écrivait » le pape, que de fomenter la discorde, d'attaquer des » chrétiens, de piller les pauvres, de répandre le sang » des hommes? » Oui, sans doute, mais c'était aussi une œuvre damnable que d'opprimer ses sujets et d'assassiner des princes; et le fier Innocent ne condamnait que le légitime vengeur de ces attentats. Il menaçait même de le traiter comme un païen et un publicain s'il ne se soumettait pas au jugement de l'Église. Les évêques de France prirent le parti du roi, cinq d'entre eux se rendirent à Rome pour plaider sa cause; et le pape parut céder à leurs raisons; mais il trouva bientôt après l'occasion de frapper les deux rois et de leur faire sentir son omnipotence.
Il avait besoin pour cette fois des ymes de Philippe- Auguste pour réduire les Albigeois que protégeait le comte de Toulouse, et son apparente modération n'était qu'un calcul de sa politique. L'abbé de Citeaux, le moine Pierre de Castelnau parcouraient le Languedoc et la Pro* vence, pour convertir ces hérétiques, et se conduisaient plus en persécuteurs qu'en apôtres. Us cassaient les évêques qui voulaient défendre leurs ouailles, les seigneurs qui soutenaient leurs vassaux. Les Albigeois se révoltaient, il est vrai, contre l'Église romaine, ils rejetaient le sacrifice de la sainte messe, le baptême des enfants; mais enfin, suivant les idées modernes, la plus grande de leurs erreurs n'était justiciable que du tribunal de Dieu. Innocent III les déclarait dignes de mort et soulevait les rois et les seigneurs contre leur malheureuse secte. Un crime, commis dans la chaleur de la guerre Il 22