‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 3)Chapitre 103 sur 105 · I. Inn.» EpitU, clxxxiii · texte numérisé non relu

I. Inn.» EpitU, clxxxiii

t. Albert Stad, an. 4906.

le compétiteur de Sigefroy, Philippe profite sur-le-champ de cette ouverture, et après avoir proposé au pape la démission des deux contendants, il lui conte tous les incidents de son avènement à l'empire. Il est prêt, dit-il, à signer la trêve que le pape lui demande pour Othon, et à faire la paix avec le saint-siége, promettant de s'en remettre aux cardinaux s'il a des torts envers l'Église, s'en remettant à la conscience du pape si Sa Sainteté en a envers lui, « attendu que le successeur de saint Pierre ne » peut être jugé que par Dieu seul. > Innocent III est adouci par ces paroles; il hésite bien encore à sacrifier son archevêque Sigefroy, mais il envoie l'évêque d'Ostie Hu- , golin et le prêtre Léon pour traiter avec le vainqueur d'Othon de Saxe. Ces légats étaient chargés en même temps de réclamer l'archevêque ^runon de Cologne que Rome avait substitué à celui qui avait couronné Philippe, et que cet empereur avait pris dans la bataille. Il refusa d'abord de le rendre et n'en fut pas moins reconnu par les légats qu0 ses libéralités avaient, dit-on, corrompus. Othon, revenu d'Angleterre pour assister à ces conférences, menaça de dénoncer ces légats au pape; et Philippe, attendri par leurs alarmes, satisfait d'une décision qui lui maintenait la couronne, rendit son prisonnier, congédia son armée, permit à l'archevêque Sigefroy de faire administrer le diocèse de Mayence par son . vicaire, et accorda enfin une trêve d'un an à son rival. Innocent III l'en remercia par une lettre du 1" novembre 1208, il accepta même pour son frère Richard une des quatre filles de Philippe. Cette trêve ne servit qu*à lever des troupes pour renouveler la guerre, mais l'assassinat de Philippe

par Othon de Witelspach, palatin de Bavière, mit un

terme à cette rivalité. L'Allemagne passa tout entière à

Othon de Saxe, qui épousa Beatrix, troisième fille de son

compétiteur. Le cardinal Hugolin n'avait pas besoin de

lui en donner Tordre. Ce mariage était depuis longtemps

dans la pensée d'Otbpn, mais rien ne pouvait se faire sans

que rautorité de Rome s'y fit sentir. Les moines allèrent

pftis loin. Les deux fiancés étant parents, il fallait une

dispense du pape, et les abbés de Gluny et de Morimond

la lui firent actieter par la fondation d'un monastère en

Saxe, par la promesse de protéger les monastères et les

églises et de partir pour la Terre-Sainte. Aucune grâce

ou faveur d'Innocent III n'était accordée qu'à cette con«

dition. D'autres lui furent imposées avant qu'il ne prit la

route d'Italie. Il fit le sesment d'obéissance au saint-siége,

jura d'en augmenter l'honneur, de rendre la liberté aux

élections de prélats comme aux appels en cour de Rome,

de renoncer aux revenus des églises vacantes, de respecter

le spirituel des Papes et des évéques, de restituer ou faire

restituer au saint<-siége l'héritage entier de la comtesse

Mathilde et les autres domaines de saint Pierre, de con*

server même à l'Église romaine les droits qu'elle avait

acquis sur le royaume de Sicile ^. Ce serment fut scellé

en or, le 23 mars 1309, et après avoir ainsi abandonné

toutes les prérogatives de la royauté sur le sacerdoce,

Othon fut sacré dans l'église de Saint-Pierre par le pape,

qui ne lui permit pas même de séjourner dans Rome

après son couronnement.

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