Ann, Bertini, an
> des rois leur sont indispensables. L'empereur dltalie » est trop loin pour les assister, et les évêques lorrains » ont pris celui qui pouvait le faire. Il ne leur convient
> point d'ailleurs de disposer d'un royaume temporel. » Ils savent que si vos prédécesseurs ont réglé t'Ëglise,
> l'État appartient aux rois. Ils pensent que ce serait » abuser de la puissance épiscopale que de les retrancha » du nombre des chrétiens, qu'on ne peut enfin priver
> personne de la vie éternelle à moins qu'il ne la perde » par ses propres péchés. Un évêque de Rome n'est pas » le dispensateur des couronnes de l'Europe. "Jamais la » France ne recevra ses maîtres de la main d'un pape. Des i anathèmes déraisonnables, lancés par* des motife pu-
> rement politiques, n'alarment point les rois de France.
> Ils savent résister aux entreprises du pape, toutes les » fois qu'il voudra être pape et roi tout ensemble *. »
Cette lettre était dictée par la raison même. Elle fixait la limite des deux puissances qui n'auraient jamais dû la franchir. Elle renfermait la juste critique des prétentions du saint-siége, et Bossuet l'a justement louée dans sa Défense du Clergé gallican *. Charles le Chauve avait aussi retrouvé quelque énergie pour soutenir les droits de la royauté; et une circonstance nouvelle vint lui offrir une autre occasion d'opposer ces droits aux prétentions de l'évêque de Rome. Parmi les évêques de son royaume se trouvait un esprit indocile et rebelle. C'était Hincmar de Laon, neveu de l'archevêque de Reims, dont
i. Iliiiciii.ir, Ojmsc, t. II, p. 689.
1 Liv. VI, cil. XXII I.
les violences et les exactions étaient un sujet de scandale * . Le roi l'avait traduit devant la justice séculière, pour le vol de quelques domaines; et sur son refus de comparaître, Charles le Chauve l'avait dépouillé de ses biens ecclésiastiques. Le vieil Hincmar avait pris sur ce point la défense d'un neveu dont il avait souvent blâmé les désordres, et il avait obtenu que l'affaire fût portée devant la justice ecclésiastique. Mais l'évêque de Laoa n'avait paru au concile de Douzy que pour déclarer qu'il en appelait au pape, et au sortir de cette assemblée, il commit tint de folies que le roi le fit jeter en prison. Une soumission apparente l'en fit sortir. Mais il ne profita de sa liberté que pour se plaindre au pape de la tyrannie royale; et comme Adrien II ne cherchait qu'une occasion de se venger d'un roi qui avait envahi la Lorraine au mépris de ses défenses, il lui ordonna de lui renvoyer Hincmar de Laon et dégorgea sa bile par un torrent d'injures. Il traita le roi de France de parjure, de tyran perfide, de dissipateur des biens ecclésiastiques. Il s'étonna dans une seconde lettre que le roi murmurât contre ses corrections. C'était de la folie; et le pape Adrien aurait dû être corrigé de ses violences par le peu de succès qu'elles avaient eu dans les deux empires. Charles le Chauve lui donna une nouvelle leçon. Il s'étonna à son tour qu'on le crût capable de supporter de pareils outrages et de se rendre à ce point indigne de porter une couronne. Puis venant à l'affaire d'Hincmar,, « nous » admirons, disait-il, où vous avez trouvé qu'un roi,