‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 3)Chapitre 5 sur 105 · Paul Diacre · texte numérisé non relu

Paul Diacre

révêque de Rome. Tranquille des deux côtés, Zacharie tourna tous ses soins vers la Germanie, dont la conversion avait occupé les deux Grégoire. Un moine anglais nommé Wilfrid, qui avait travaillé à la destruction de ridoiâtrie chez les Frisons , avait reçu du premier de ces Papes le nom de Boniface, et le premier épiscopa de TAlIemagne; c'était un nouveau progrès de la papauté, qui allait ainsi porter au delà du Rhin un témoignage de son autorité, à travers cette France où elle étai pour ainsi dire dominée par celle de Charles^Martel. Zacharie suivait avec joie les conquêtes spirituelles du vieux Boniface, quand une nouvelle fantaisie guerrière de Luitprand vint troubler sa sécurité. Ce roi marchait sur Ravenne, que son exarque était hors d'état de défendre, mais il s'arrêta encore une fois à la voix du pontife et ne rentra plus dans Pavie que pour y mourir, en Tan 743. Son règne avait duré trente-deux ans. Il avait contenu la turbulence de son peuple par sa modération et par sa justice. Ses fréquentes relations avec les évéques du Milanais avaient adouci son caractère, entretenu sa piété ; et sans ces vertus, il était incontestable que l'exarchat et l'Italie entière auraient passé sous sa domination comme le duché de Rome, et que la papauté même y aurait péri.

La rébellion des Lombards et la déposition de son petit-fils Hildebrand jetèrent de nouvelles alarmes au cœur de Zacharie ; et les nouvelles de Gonstantinople lui firent craindre de nouveaux périls. Constantin Copronyme avait repris sa couronne. Il avait fait crever les yeux à l'usurpateur Àrtabase, à ses deux fils, au patriar-

che Anastase, et ce triomphe du protecteur des Iconoclastes fit redouter à Zacharie le réveil de ces briseurs d'images. Ses craintes ne durèrent pas longtemps. Constantin parut oublier cette querelle; la vénération du peuple pour les statues des saints et des martyrs le fit réfléchir, et au lieu des menaces que Zacharie en attendait, il n'en reçut que des présents pour l'église de Saint- Pierre et la restitution de deux domaines situés dans le duché de Rome et dont Texarque s'était emparé. Ratchis s'arrêta également à la voix du pape, au milieu de ses conquêtes dans la marche d'Ancône. Zacharie put donc mourir tranquille. Son pontificat de dix années finit au mois de mars 752. Il n'avait affiché aucune prétention, et n en avait pas eu besoin. Les respects des rois et des peuples pour le saint-siége se manifestaient de toutes parts, et il laissa à ses héritiers une maxime admirable qu'ils oublièrent trop souvent. On l'avait accusé de vendre despallium ou des évêchés en Allemagne; et cette accusation venait sans doute de l'obligation qu'un concile, tenu à Mayence par l'archevêque Boniface, avait imposée aux évêques de recevoir de Rome même cepallium qu'ils recevaient des métropolitains. Mézeray affirme que le pape avait provoqué ce décret ^ mais il est probable que Boniface en avait pris l'initiative pour rendre à Tévêque de Rome les bienfaits qu'il en avait reçus; et l'accusation portée contre Zacharie venait sans doute de quelques métropolitains mécontents. Il repoussa avec indignation cette calomnie, et sa lettre finit par ces mots : « Anathème

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