‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 3)Chapitre 65 sur 105 · Tom. VI, p · texte numérisé non relu

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ces mots par Raoul Glaber : t II est juste et convenable, » dit-il, il est nécessaire à la conservation de la paix 1 qu'aucun prince n'ose saisir le sceptre de l'empire ro- 1 main, ne puisse usurper le tire et le pouvoir d'empe- 1 reur,silepapede l'Église romaine ne l'a. choisi d'avance 1 comme digne de commander à la république et ne lui I a remis entre les mains les insignes de l'empire K i Qu'aurait dit Constantin si quelqu'un lui eût prédit ce résultat de ses bienfaits 1 Glaber raconte alors que le pape présenta à Henri II un globe surmonté d'une croix et entouré de pierres précieuses. Ce globe n'était pas chose nouvelle. On en voyait de pareils sur quelques médailles des Césars. Mais Glaber voit dans ces pierres les vertus dont le pouvoir suprême doit être orné, et dans la croix le symbole de la protection divine.

Tout le pontificat de Benoît VIII fut conforme à ce début. Si l'on peut douter encore de la puissance royale de ce pape, on ne peut plus mettre en doute son indépendance de toute autorité séculière. Il fit même acte de roi guerrier en repoussant les Sarrasins des bords de la Magra à la tête des évêques et seigneurs d'Italie. Il appela les chevaliers normands à chasser les Grecs de la province de Naples. Il alla chercher lui-même son empereur pour les y aider, mais il combattit avec moins de succès les vices de son clergé. Le concile qu'il tint à Pavie est le centième témoignage de l'incontinence, de la vie fastueuse et licencieuse de ses prêtres et de ses diacres. Il prononça contre eux des peines sévères qui ne les corrigèrent pas. Les laïques y étaient mêlés comme

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complices ou victimes des clercs. Benoît VIII a la bonté de faire approuver ces canons par son César. Mais que pouvait-on attendre d'un clergé qui vivait toujours dans les camps? Pendant la guerre de Naples, une des ailes de Tarmée d'Henri II était conimandée par le patriarche d'Aquilée, l'autre par l'archevêque de Cologne ^. Par contre, des seigneurs se faisaient moines, et l'empereur luimême en eut envie. Le roi de France Carloman avait déjà donné cet exemple. Mais Henri II trouva un évêque et un abbé qui voulurent bien reconnaître qu'il fallait autre chose que des prêtres pour mener le monde. L'évéque Haimon de Verdun dit à Richard, abbé de Saint- Vannes, chez qui l'empereur s'était retiré : « Ne le retenez » pas ou vous perdrez tout l'empire. » L'abbé l'interrogea sur sa vocation, et lui faisant prononcer le vœu d'obéissance absolue : « Je vous reçois, lui dit-il, pour moine, et » vous ordonne de gouverner l'empire que Dieu vous a » confié et d'assurer son salut en y faisant régner la jus- » tîce. 1 Cet abbé Richard était la plus sage des homnies de ce temps L'empereur lui obéit et reprit sa couronne. Robert de France dégradait la sienne en faisant brûler cinquante prétendus Manichéens, et en allant s'humilier à Rome aux pieds d'un pape qui était en ce moment le véritable souverain de l'Europe.

Benoît VIII mourut le 10 juillet 1024, et les comtes de Toscanelle, ses parents, retinrent à force d'argent la papauté dans leur famille, en faisant élire son frère qui n'était pas même dans les ordres. Il prit le nom de

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