Léo Ostiensis; Othon de Freisingen
chevèque Halinard de Lyon, les comtes de Toscanelle reparurent dans Rome avec leur pape Benoît IX. Le rétablissement ne fut pas long. Cet indigne pape et son parti s'enfuirent devant quelques impériaux qui ramenaient un élu de l'empereur à Rome. Halinard avait refusé de se rendre aux vœux des Romains; et Henri 111 leurenvoyait l'évêque de Brixen Poppon qui avait pris le nom deDamaseH. Comme il mourut au bout de vingttrois jours, on accusa Benoît IX de l'avoir fait assassiner; et s'il faut en croire le Père Maimbourg*, ce misérable essaya une quatrième fois de se rétablir. Mais le clergé romain ne voulait plus de cet iqif^e, et une nouvelle députation alla demander encore un pape à Henri III. La preuve de cette déférence des évêques d'Italie et du clergé de Rome est dans une vacance de six mois qu'aucune faction n'osa remplir. L'empereur assembla cette fois dans la ville de Worms les prélats et seigneurs d'Allemagne et fit élire dans cette diète son parent Brunon qui occupait le siège de Toul depuis vingtdeux ans. Celui-ci hésita Ibngtemps et il est aisé de le concevoir. Il pria, jeûna^ et n'accepta enfin qu'à la condition de faire ratifier son élection par le peuple et le clergé de Rome. Les scrupules de cette espèce étaient rares; et je doute de cette acceptation conditionnelle, car ceux qui la racontent prétendent qu'il n'en prit pas moins les ornements pontificaux et le nom de Léon IX. Mais cette version est encore problématique et je l'expliquerai dans le chapitre suivant.