Lëon IX, Epitt. F. S. Epiit. VI
Ainsi à chaque avance que le désir de la paix inspire à l'empereur de Gonstantinople le saint-siége répond par des récriminations et des prétentions qui rendent la paix impossible. Léon IX n'en fit pas moins partir trois légats pour la négocier, mais le caractère de ces trois ambassadeurs n'était pas de nature à la conclure. L'évêque Humbert, qui les présidait, répondit d'abord aux reproches du patriarche Michel par d'acerbes et violentes critiques des coutumes orientales. Michel en fut indigné et refusa de communiquer avec les auteurs de ce manifeste, malgré les prières de l'empereur; et l'évêque Humbert sortitde Gonstantinople après avoir posé sur le maitre-autel de Sainte-Sophie un acte qui renfermait l'excommunication du patriarche *. La colère de Michel est à son comble; mais il la comprime et feint de se rendre; il prie l'empereur de rappeler les légats et médite leur assassinat dans sa basilique méi^e. Constantin Monomaque pénètre son dessein, il empêfche les légats de se rendre à Sainte- Sophie, il les fait repartir pour les dérober à la vengeance d'un patriarche qu'il n'a ni le courage ni la force de punir de cet infâme complot. Ce prompt départ excita une émeute que l'empereur eut quelque peine à réprimer; et pour l'irriter contre son évêque, Humbert lui fit remettre une copie du décret d'excommunication qu'il avait déposé sur l'autel de Sainte-Sophie. Le texte en est d'autant plus curieux à connaître que de cette époque plutôt que de Photius date la séparation des deux Églises. On y loue d'abord