Sigon. liy. III, p. 126 et suiv
iDî du trône pour les austérités du monastère de Montcassin.
0- Ce nnoine royal se présenta au parlement de Crécy où r( furent débattues les prétentions du roi des Lombards et a du pape. Carloman consentit, au nom d'Astolphe, à ne
1- rien prétendre sur le duché de Rome, mais il réclama la possession de l'exarchat. Etienne III répondit que cet exarchat devait revenir au saint-siége comme étant la
; dépouille d'un hérétique excommunié, dès que Pépin aurait enlevé au Lombard ce que la force lui avait donné, j Avant d'admettre toutes ces versions, il faut se deman- I der d'abord ce qui s'était passé en Italie depuis le départ I du pape. Pour quelle raison Astolphe, victorieux de tous ses ennemis, n'était-il pas entré dans cette Rome que personne ne pouvait plus défendre ? pourquoi avait-il accepté l'arbitrage du roi de France et consenti à plaider dans le parlement de Crécy ce que pouvait trancher d'un coup la puissance de son épée?Il fallait en outre: 1° que le possesseur du saint-siége se considérât déjà comme un ' seigneur temporel, et cela n'était pas ; 2° que Léon l'Isaurien eût été excommunié et déposé par Grégoire III, et ce pape n'avait lancé qu'un anathème comminatoire contre les Iconoclastes sans nommer personne. Il faut se demander enfin de qui viennent toutes ces assertions. J'ai dit ce qu'était Anastase, je dois dire que Sigonius est un écrivain, du seizième siècle nommé Raganzoni, et malgré la réputation dont il jouit, on peut douter de ce qu'il raconte huit cents ans après l'événement. Il ne pouvait rien trrer de Paul Diacre dont l'histoire finit avec le règne de Luitprand.
Quoi qu'il en soit, on dit que Pépin, tranchant le débat.
jura de donner à saint Pierre Texarchat et la Marche d'Ancône s'il s'en rendait maître, et que ses deux fils, Charles et Carloman, le jurèrent après lui*. Mézeray ajoute que le roi et le pape se vengèrent ensuite du premier Carloman qui avait défendu contre eux les droits d'Astolphe, qu'ils le renfermèrent dans un monastère de Vienne,où iî mourutrannéesuivante,qu'ilsrasèrentenfin les deux fils de ce prince pour qu'ils fussent incapables de régner. Après ces actes de barbarie qui étaient peu dignes surtout d'un apôtre de charité, le pape Etienne III vint se reposer dans l'abbaye de Saint-Denis où une maladie cruelle le retint assez longtemps pour alarmer la France et l'Italie. On désespéra même de ses jours; mais il guérit et l'on ne manqua pas d'attribuer sa guérison à des miracles. Rien dans ce siècle ne pouvait se faire sans leur intervention; et il en faudrait un pour expliquer surtout l'inaction du Lombard Astolphe qui ne s'emparait pas de cette Italie que lui livraient la longue absence du pape et l'impuissance de l'empereur d'Orient.
Dès qu'Etienne III fut en état d'ofiîcier. Pépin se fit sacrer une seconde fois par ses mains, avec la reine Bertradeet ses deux fils, dont l'un devait être Charlemagne; et dès le printemps de 75o, il ramena Etienne III en Italie à la tête d'une puissante armée. Astolphe, qu'ils auraient dû trouver à Rome, fut assiégé dans Pavic par les Français, qui ouvraient leur longue et fatale intervention dans cette belle contrée; et il se sauva par une paix honteuse en restituant tout ce qu'il avait pris et en livrant