‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 4)Chapitre 91 sur 112 · FIcury, liv LXVII, ch. m · texte numérisé non relu

FIcury, liv LXVII, ch. m

cèse. Indigné de la protection que Louis le Gros accordait aux doyens et aux archidiacres de son Église, révéque, soutenu par son métropolitain de Sens, avait eu Tinsolence de jeter Tinterdit sur les terres du roi. Les moines de Gîteaux, assemblés en chapitre général, avaient pris parti pour Tévêque; et le fameux saint Bernard avait écrit, sous le nom de Tabbé de ce monastère, une lettre assez virulente au roi de France, en le menaçant de lacolère de Dieu, qui avait dit aux disciples : •Qui vous méprise me méprise * . » Louis le Gros était prêt à céder à cette ligue, quand une bulle d'Honoré II vint lever l'interdit etencourager sa résistance. Mais saint Bernard s'en plaignit au pape lui-même. Il lui reprocha de donner des armes à la tyrannie, c'est ainsi qu'il appelait la justice tardive d'un roi qui avait saisi les revenus d'un évêque, qui avait osé jeter l'interdit sur les domaines de son souverain ; et le pape Honoré, cédant à la voix du moine illustre qui dominait alors tout l'Occident, démentit son infaillibilité en abandonnant le parti du roi pour celui del'évêque. Fleury et Mézerayexpliquentassez mal le dénouement de cette querelle. Mais il est probable que le roi finit par avoir raison, car saint Bernard ne cesse de l'accuser de porter atteinte aux privilèges de l'Église. Tandis que les historiens s'accordent à louer la piété de Louis le Gros, qu'ils parlent même de sa complaisance excessive pour les évêques, le fanatique Bernard lui reproche de ne protéger que les indignes et de persécuter ceux qui honoraient leur ministère par leur

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