‹ Histoire de la puissance pontificale (volume 4)Chapitre 96 sur 112 · Uv. II · texte numérisé non relu

Uv. II

» peau de brebis la fureur d'un loup, n'épargnant ni -» évêque ni pape, et surtout ennemi irréconciliable des » religieux qu'il ne pouvait supporter. » Il disait, il est vrai, qu'il n'y avait point de salut pour les clercs qui avaient des biens, pour les évêques qui avaient des seigneuries, pour les moines qui possédaient des domaities. Tous ces biens, selon lui, appartenaient au priAce. Maié à l'exception de cette dernière matime^ Arnaud* de Brescia ne disait rien sur le foste et la rapacité des clert^ que son persécuteur saint Bernard ne publiât en nléme temps que lui, que saint Jérôme il'eût dit sept cents ans avant eux. Le moine réformateur du douEième éiècle ajouthit que ces biens avaient pourH TËglisë et ses apôtres. Malheureusement pour Arnaud^ il ne se bornait pas à ces doctHnes, il excitait leÈ laïques à la révolte» Les Romains^ ceux du parti d'Anatlet surtout, entraînés par sa faconde^ s'étaient insultés contre lë pape; Us s'étaient rassemblés au Capitole ; ils avaient rétabli leur fantôme de sénat, et déclaré la guerre aux habitants de Tibur qui les avaient battus l'année précédente. Gdtte guerre de Ville à ville rappelait les temps de la vieille Bome^ les prises de Veïes et d'Albe, et accusait la décadence de la ville deâ Céâars. Innocent II avait accordé la paix aux Tiburtins, mais les Romains demandaient qu'on en abattit les murailles. Sur le refus du pape^ ils lui dirent en face que Rome Ue lui appartenait pas, qu'il ne devait Hen possédet"^ que leur ville était la propriété de l'empereur. Ils écrivirent à Conrad III de venir en prendre possession. Le pape l'appelait de son côté au secours du saint-siége. Mais ce prince avait d'autres guerres sur

les bras; il ne quitta point rAUemagne, et Innocent II en mourut de chagrin le 24 septembre 1143.

Gélestin II son successeur passa cinq mois sur le saintsiège sans qu'on puisse dire ce qu'était devenue cette insurrection. Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, le félicitait même sur son élection pacifique, et l'on ne sait rien de plus de son pontificat qui finit le 10 mars 1144. Le cardinal Gérard lui succéda sous le nom de Luce II, et je remarquerai que depuis Grégoire VII il n'est plus mention de l'approbation royale. Mais le peuple refusait la sienne au nouvel élu. Le sénat se donna un patrîce dans la personne d'un frère d'Anaclet nommé Jourdain, et vint fièrement demander à Luce les droits régaliens pour le représentant de l'empire. Le pape ayant répondu que ces droits étaient à lui, le peuple répliqua qu'il devait se contenter des dîmes et des offrandes des fidèles, comme dans l'Église primitive; et il s'empara de toutes les maisons fortifiées, de toutes les issues de Rome. Luce II n'eut point recours aux armes spirituelles, il ne s'y fiait peut-être plus ; il assembla des troupes, assiégea le sénat dans le Capitole; mais une pierre, lancée par une main inconnue, le renversa presque sans vie, et peu de jours après, le 13 février 1145, il était enterré dans l'église de Latran^ Dans ce court pontificat il avait fait deux actes de souveraineté spirituelle, en restituant à la métropole de Tours les évêchés de Bretagne que Grégoire VU en avait détachés, et en confirmant la primatie de Tolède qu'Urbain II avait établie.

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