I. S. Bern., Epiii. CCXLl
en château et conduit enfin chargé déchaînes aux pieds de Farchevéque de Toulouse qui le fit enfermer dans un monastère. Nous retrouverons plus tard ses malheureux disciples qui, après avoir pris ou reçu le noms de Petrobrusiens et d'Henriciens, seront bientôt plus cruellement persécutés sous celui d'Albigeois par une croisade nouvelle.
Ces armements sacrés devinrent un puissant levier dans la main des Papes qui en firent le terrible auxiliaire de leurs excommunications. C'est Eugène III qui abusa le premier de ces armements en les détournant de Feur destination. Je ne dis rien des croisés qu'il dirigea sur l'Espagne. C'étaient aussi des Sarrasins qu'il fallait en chasser, quoique cette contrée n'ait pas tout à fait à se plaindre de leur domination. Mais en soulevant toute la Saxe contre les Slaves, en traitant ces idolâtres comme des infidèles, le pape Eugène ouvrait une voie désastreuse^ aux chefs de la chrétienté. Il tint pendant ce même temps des conciles à Trêves et à Mayence. Il revint assister au chapitre général de Clairvaux, où il poussa l'humilité jusqu'à se confondre avec les moines sous la présidence de leur puissant abbé, et rentra enfin dans Rome que laissaient heureusement respirer les Arnaudistes et leur sénat. L'Angleterre lui causait d'autres inquiétudes. Le roi Etienne, qui avait forcé l'impératrice Mathilde de repasser en Normandie, était fort irrité contre le saint-siége qui avait soutenu l'invasion de cette princesse. Ce ressentiment avait éclaté en 1148 à l'époque du concile de Reims. Le pape y avait appelé cinq prélats anglais de son choix, au lieu de laisser à l'Église d'Angle-
terre la facplté de choii^ir s^i| dépn^. Êtiemie avait 4éfep4u s^ux cinq élus du p^pe 4f^ aç neaflmau qoucilQ, €)t le Qer {lugène §^Yait j^té un inter(lit sur le royaumes ^• C'était une qouves^uté pourVÂngleterre^etle roi, Kpeine afTenni sur son trône, F autorisa par $a soumission; lirais il en éprouva quelque dépit; et quand, deux ans après, ua cardinal-légat voulut traverser ses États pour se rendre en Irlande, Etienne exigea de lui le sernaent de ne rien faire qui portât préjudice^ à sa couronne. Le pape parut cette fois insensible k cet outrage, etlecardiqalpassapar rÉcosse pour se rendre à sa destination, et pour aller instituer quelques archevêchés irlandais. Les légats que le pape envoya l'année suivante en Allemagne pe furent pas plus respectés. Conrad III était niort à son retour de la croisade, et son neveu Frédéric Barberousse^» désigp^ par$ûn testament, ay^it été élu, le 4m^rs H52,rQi de Germanie par la diète de Francfort. On y avait joint le titre d'empereur 2, que Conrad avî^it pris de. lui-même, et le^ ^igneurs d'Allemagne çppame les évêques ne pensaient déj^ plus qu'on dût prendre ce titre des mains d'un pape* Bans ces ppialheureu}^ siècles, chs^que parti profitait des embarras du parti contraire pour élargir ses privilèges. Frédéric xie souffrit pojnt que ces légats agissent d'eux-mêmes, B présida le synode de Worms où fut déposé Tarchevêque Henri de Jfayence que le pape les avait chargés de juger pour des récidives de simonie. L'enipereur leur permit encore de déposer comme trop vieux l'évéque d'Eicbstadt;
i. s. Bernard, Epit CCXXV et CCXXVI.