Hist. de l'Empire
mais quand ila vpulupfo^t tpucOier 4 4'siutPes, Frédéric s'aperçut qu'ils étendaient m peu trop leuf autorité et les renvoya en Italie. Eugène IV{ n'eut ç^rtje dq se fâcher contre un prince qui, (lès son avènement, luiavs^it prorais de le venger de ses ennemis, et d'assurer sa dpmination sur la terre entière, Mais il ne lui fut pas donné de jouir de tant d'avantages; la mort vint l'en priver le 8 juillet U53, et ce serait assez pour sa gloire (l'avoir érigé le Portugal en royaume et acy ugé cette couronne à Alphonse Henriquès, $i cette versiop des historiens de l'Église n'était pas modiftée par les profanes. Trois puissances y ayaieijt contribué : l'armée pour l'avoir proclamé roi sur le champ de bataille d'Ourique, Eugène III pour avoir confirnoé l'élection, et les États de Lamégo pour lui avoir fait donner la couronne et pour l'avoir rend^e héréditaire. L'évêque de Sabine Conrad fut le successeur d'Eugène, et prit le nom d'Anastase IV. Son premier soin fut de ren4re le siège d'York ^ l'înpchevêque Guillaun^e, dont il avait pr4s la défense au concile de Reims, qui l'avait déposé malgré lui. Mais il montra la même complaisance que spn prédécesseur pour Frédéric Barberousse. Parmi les évêques que les légats d'Eugène ayaiept voulu bannir de leurs sièges, était l'archevêque de Magdebourg, c^\\e l'empereur avait nommé et investi lui-niême. Anastase voulut reprendre cette affaires mais spn légat se conduisit avec tant de hauteur, que Frédéric le chassa honteusement de sa cour et de l'Allemagne. Il envoya en même temps à Rome ce même archevêque dont la nomination avait blessé l'orgueil du saint-siége;etle pape Anastase, après l'avoir entendu, le renvoya dans son Église, avec le
pallium que l'empereur lui demandait pour lui *. Anastase fit voir dans cette circonstance ce qu'il était en effet: un vieillard plein de bon sens et de sagesse, et il est fâcheux que de tels papes ne soient pas immortels. Celui-ci ne régna que seize mois; il mourut le 2 décembre 1164, et céda la place au quatrième des Adrien.
Ce pape était Anglais, il se nommait Nicolas Breskspeare. Chassé par son père, il avait traversé la France en mendiant, et s'étant attaché au monastère de Saint-Ruf près d'Avignon, il était parvenu, de simple domestique ou de frère lai, au gouvernement de cette riche abbaye. Calomnié par les moines dont il voulait réprimer les désordres et les vices, il obtint du pape Eugène l'évêché d'Albano; et le 3 décembre 4154, il fut élevé dans la chaire de saint Pierre. Le jeune Henri II, qui venait de monter sur le trône d'Angleterre, se hâta de complimenter un pape qui était né dans ses États; et ce prince était alors le plus puissant potQptat de l'Europe; mais il était bien loin de Rome, et les périls d'Adrien étaient pressants. Les Arnaudistes avaient repris les armes; les sénateurs redemandaient encore leur vieille autorité; et Frédéric Barberousse descendait en Italie avec une armée, sans révéler le but de cette *incursion. La raideur qu'il avait mise à défendre les privilèges de l'empire contre les légats de Rome n'était pas rassurante pour le chef du sacerdoce ; et les habitants de Vérone n'ayant pas voulu le reconnaître comme empereur parce que le pape ne l'avait point couronné, il en avait fait pendre treize pour leur apprendre qu'il n'avait pas besoin de cette
i. Othon do Fiiss.
formalité. Adrien ne savait trop qu'en penser. Il avait cependant triomphé des rebelles. Ses fiers sénateurs avaient tremblé devant un simple interdit. Arnaud, leur chef, s'était échappé pendant que ses amis s'étaient jetés aux pieds du pape pour demander leur grâce ^. Mais il paraît que l'arrivée des Allemands leur avait rendu quelque courage, puisque le pape s'était réfugié dans la forteresse de Gitla-di-Gastello. C'est de là qu'il envoya trois légats à l'empereur pour connaître les motifs de sa venue; et ces envoyés furent si bien reçus, qu'ils osèrent le prier de leur livrer le terrible Arnaud de Brescia qui venait de se laisser prendre on ne sait trop comment dans la Campanie. L'empereur le leur fit rendre, et le préfet de Rome le fit brûler vif sur une des places de la ville étemelle, sans que le peuple songeât à le défendre.
Ce ne fut point encore assez pour rassurer Adrien. Frédéric s'était fait couronner roi de Lombardie, et se montrait partout en maître. Le pape n'osa s'aventurer qu'après lui avoir fait jurer qu'il respecterait sa vie, ses membres, sa liberté et ses biens. Il vint alors au camp de Viterbe; mais l'empereur fut fort étonné que ce pape si timide exigeât de lui qu'il vînt lui tenii? l'étrier pour l'aider à descendre de cheval. Frédéric hésita, et son hésitation suffit pour mettre les cardinaux en fuite. Mais les seigneurs lui ayant dit que l'empereur Lothaire s'était soumis à cette vaine coutume, Frédéric voulut bien y consentir et le fit si gauchement que le pape le lui fit remarquer. Ses excuses furent une impertinence de bon goût.