‹ Histoire de la puissance pontificaleChapitre 103 sur 150 · I. Fleary, liv. XXIX, oh. i · texte numérisé non relu

I. Fleary, liv. XXIX, oh. i

tion de Basilisque les amis de Timothée Ëlure lui avaient donné, pour successeur au siège d'Alexandrie, un autre Eutychéen du nom de Pierre Monge ; et Zenon ayant refusé à son retour de le reconnaître, les Alexandrins nommèrent Jean Talaïa à sa place. Celui-ci s'empressa, suivant Tusage, d'en donner avis à l'empereur, aux patriarches de Constantinople et d'Antioche et à

révéque de Rome, qui avait aussi repoussé Pierre Monge, et qui fut tout disposé à recevoir le nouvel élu. Mais les lettres destinées à Zenon et à Acace s'étant égarées en route, Acace se crut dédaigné par ce Jean Talaïa ; et les Eutychéens l'ayant accusé de quelques crimes, l'empereur et son patriarche refusèrent de l'admettre et établirent sur le siège d'Alexandrie ce même Pierre Monge que Zenon en avait d'abord repoussé. L'avis qu'ils en donnèrent à Rome parvint à Simplicius au moment où il allait se mettre en communication avec Talaïa. Il répondît de suite qu'il suspendait sa décision, mais il s'étonna, il s'indigna même que l'empereur voulût rétablir Pierre Monge sur le siège d'Alexandrie et refusa nettement de communiquer avec lui.

Acace et Zenon se moquèrent de ses refus. L'empereur

exila Jean Talaïa, fit ordonner Pierre Monge; et Acace, ce prétendu légat de l'évêque de Rome,pressa son maître de publier son fameux édit d'union si célèbre sous le nom A'hénotique, Cet édit confirmait encore une fois le Symbole de Nicée, répétait l'approbation que lui avaient donnée les conciles de Constantinople et d'Éphèse et les lettres de saint Cyrille; il expliquait de nouveau le mystère de l'incarnation et renouvelait les ana-

thèmes lancés contre Entichés et Nestorius. Mais il ne faisait aucune mention de la lettre dç saint Léon, et ne citait Iq concile de Ghalcédoine que pour condamner les hérésies que ce concile avait condamnées. Simplicius, averti par Jean Talaïa qui vient lui demander justice, s'obstine à poursuivre la déposition de Pierre Monge et l'intronisation de son compétiteur. Mais Acace persiste à son tour, il a reçu Pierre Monge à sa communion, et ne veut pas d'autre évêqqe pour Alexandrie. « C'est contre » votre avis, répond-il au pape, je Je reconnais, mais c'est » par ordre de l'empereur et pour la paix des Églises* ; » il ajoutait quQ c'était conforme à rhénotique^ à cet édit d'union qui commandait l'oubli des erreurs qu'on abjurait, Simplicius parle alors de cet édit dans sa réplique. Il veut bien qu'on obéisse aux prescriptions de Vhénotique, mais il demande qu'on reconnaisse en même temps la lettre de saint Léon et les canons du concile de Ghalcédoine qui ont été approuvés par le saint-siége. Simplicius n'eut pas le temps de recevoir une nouvelle réponse d' Acace. Il mourut à la fin de février 483 ? Çt légua cette fôcheuse affî^ire à son successeur,

Pendant ces conflits, de tristes événements s'étaient passés en Europe, Neuf malheureui^ Césars avaient successivement occupé le trône chancelant de Yalentinien III dans l'espace de vingt années. C'était la honteuse agonie de cet empire, et pour qu'il ne manquât aucun opprobre à sa chute ou à son châtiment? Dieu voulut que le coup de grâce lui fût donné par un aventuf i^r ; Iq comte Mar-

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