Libérât, Pont, d* Hormisdas
recevoit* les signatures du patriarche Dorothée et de soo clergé; il est reçu par une pôpiilace ftirieùse i|tti tue deux de ses domestiques, qui le blesse lui-même et met en pièees le catholique qui lui a donné un asile; On sut plus tard que Dorothée avait suscité cette émeute^ et Justin n'osa point Ten punir, ni l'envoyer à Rome comnm le demandait Hormisdas, qui fut forcé de se eonienter d'excuses assez équivoques. Des moines de Scythie ne voulurent souscrire les actes de GhalcédOine^ qu'à là condition d'y faire insérer qu'«n efe la rrinité avait séufÉrt Repoussés par les légats, par l'empereur, par le pape auquel ils avaient soumis leur formule, ils firent publier par Jean Maxence, leur archimandrite^ que si l'évêque de Rome n'adoptait pas leur proposition, il mériterait d'être en exécration à TÉglise *.
Une résistance plus dangereuse se manifestait àûhs les provinces de Jérusalem, d'Antioche et de la Syrie. Les abbés et les évéques voulaient bien signer la eon-^ damnation d' Acace ; mais il refusèrent de condamnëir les quatre successeurs de ce patriarche, (|ui n'avaient d'autre tort qUe d'avoir refusé de la signer eux-mémes; Justinien^ que Justin son oncle venait d'associer à l'empire, envoya une députation au pape pour l'inviter à ne pas user d'une rigueur excessive, à ne pas persister dans une obstination qui amènerait de nouvelles discordes. Hormisdas traita les délégués de l'empereur d'hérétiques déguisés pi ne daigna pas répondre à leur maitre, et quand Justinien lui en témoigna son mécontentement, il lui ren-
i. ConcUe$y t. V.
voya ses émissaires en lui disant de se méfier de ceux qui ne faisaient les difficiles que pour ruiner ce qu'on venait de rétablir. Il écrivit en même temps à Ëpiphane, patriarche de Constantinople, pour lui enjoindre de rejeter les chrétiens qui demeureraient ainsi dans l'hérésie. II admettra ceux qu'Épiphane lui aura signalés comme orthodoxes, n^ais il le prie de se souvenir qu'il aura à rendre compte à Dieu de sa conduite; et de peur que le patriarche ne soit dupe de quelque artifice, il veut connaître le texte même des professions de foi de ceux qu'il aura absous *. Les résultats immédiats de ce rigorisme ne nous sont point connus; et nous ignorons si le pape Hormisdas obtint avant de mourir la satisfaction qu'il avait exigée, mais ce que nous allons raconter nous prouvera que son triomphe ne fut pas de longue durée.
Ce pape mourut en 523, la neuvième année de son pontificat, et les sept pontifes qui lui succédèrent dans le court espace de quatorze années, eurent à subir de cruelles épreuves. Le fanatique Justin jetait de nouveaux troubles dans TÉglise d'Orient en persécutant les hérétiques, et surtout les Ariens qui étaient encore assez nombreux. Le roi Théodoric, qui professait leur doctrine, était le recours naturel de ceux qu'atteignait cette persécution. Il en écrivit à l'empereur Justin, et celui-ci n'ayant pas daigné lui répondre, le roi se douta que le pape Jean I*' n'était pas étranger à cette persécution. Il lui ordonna de se rendre à Ravenne. c Partez, lui dit-il, » pourConstantinople, déclarez de ma part à l'empereur