Horm., EpisL LXXVIct LXXX
» que s'il ne laisse point les Ariens tranquilles, s'il ne » les rend pas à leurs églises, je m'en vengerai sur les » catholiques d'Occident, et leur sang inondera l'Italie. » La mission était nouvelle pour un évéque de Rome, et surtout fort difficile à remplir par le chef d'une Église qui avait condamné l'arianisme. Il fallut partir. La tolérance de Théodoric était à son terme. Le pape Jean, accompagné de quatre sénateursromains, fut reçu avec de grands honneurs par le peuple et la cour de Byzance. Justin se prosterna devant lui. Mais le patriarche Épiphane ne fut pas si flexible. Il parait qu'il lui refusa d'abord la première place dans son église de Sainte-Sophie, puisque. le pape ne consentit à officier dans cette basilique qu'à la condition d'y être reconnu pourlepremier desévêques*.Nicéphore Calliste, auteur du quatorzième siècle, ajoute même que le pape Jean exigea un trône pour siège. Les contemporains n'en parlent pas. Mais on dit que Justin fut surpris qu'un évêque de Rome l'intercédât pour des hérétiques qu'il avait condamnés lui-même, que le pape eut recours aux larmes, qu'il lui fit craindre des représailles terribles dans l'Occident, et que Justin ne céda qu'à cette crainte. Mais, à son retour en Italie, Jean fut arrêté par ordre de Théodoric et jeté dans les prisons de Ravenne avec les quatre sénateurs qui l'avaient suivi. Quel était son crîme?Bien des historiens se le sont demandé; et chacun l'a expliqué suivant sa croyance ou sa fantaisie. Le protestant Heydegger attribue cette rigueur à l'orgueil de ce pape qui l'aurait rendu insup-