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S. Bar., ànii. 6À, parag. 8.
Théodoric ne se eontenta pas même de cette victime. L'ingratitude des Romains, qui ne lui tenaient aucun compte de sa modération, avait aigri son caractère. Il fit périr le vieux Symmaqûe, le beau-père de Boëce, qui n'avait d'autre tort que d'avoir donné des regrets trop bruyants à son gendre, et la captivité du pépe n'eut peutétred'autre motif que le ressentiment de cette ingratitude. Théodoric pouvait sans peine soupçonner ce que Baronius a supposé, ce que le père Maîmboui^ a affirmé plus tard ^ mais le pape Jean n'eut pas le temps de se justifier. Il mourut dans sa prison le 27 mai 526; et quoique le roi des Goths eût ainsi manifesté son ombrageuse intolérance, le saint-sîége n'en fut pas moins disputé par plusieurs candidats. Tbêoûc&iû coupa court à des brigues qui pouvaient ensanglanter eacore la ville de Rome et servir de prétexte aux révolte» des catholiques. Il mit sa volonté à la place <te» Ims de leur Église, choisit hiÎHfnêifne le successeur de Jean, et son choix tomba sur le Sarmate FéBx, qui fut le troisième cm quatri^ne pontife dé ce nom. Ce nouveau chef de fÉglîse romaine justifia pleinement la confiance deThéodorir pst ht nullité de son pontificat. H ne fit dans ses quatre années ailcnn acte d!e suprématie. Saint Benoît fonda son MMmastëre de Mont-Cassin, sans lui soumettre les règlenrents de son ordre. Saint Gésaire d'Arles convoqua et présida un grand nombre de conciles provinciaux dans les Gaules, sans fui en demander f autorisation; et les dewx souverains de l'Orient et de ITtalie, reprenant
i. Tom. m, p. 219.
les habitudes impériales de Constantin et de Théodose, imposèrent des lois à TÉglise sans que Félix leur en disputât le privilège. Ce n'était plus ni Théodoric ni Justin, Dieu en avait disposé. Le jeune Àthalaric était monté sur le trône de son aïeul sous la tutelle de sa mère Amalasonte; et Justinien était resté seul maître de rOrient. Félix osa se révéler. Il sollicita et obtint de la régente l'abrogation de la loi de Valentinien II qui auto- . risait Tappel des jugements du pape aux magistrats séculiers. Un nouvel édit lui accorda le droit exclusif de juger les clercs ou de leur donner des juges, et ne leur permit de recourir à la puissance séculière que dans le cas d'un déni de justice de la part de l'autorité ecclésiastique. Une [forte amende fut infligée à celui qui s'adresserait même à la couronne avant d'avoir recouru à la juridiction du saint-siége *•
Justinien fut plus fécond en lois ecclésiastiques. On sait que son règne fut surtout célèbre par l'ordre qa'il apporta dans le chaos de la législation romaine, par la classification de lois de l'Empire, dans trois ouvrages qui réglèrent et règlent encore en quelque sorte la jurisprudence civile. Deux cents lois nouvelles y furent ajoutées par sa sagesse; et, convaincu comme tous les rois de ce temps que l'Église était dans l'État, il ne l'oublia point dans la distribution de sa justice. Par une constitution du 21 février 528, il obligea les évêques à résider dans leurs diocèses, pour que les églises fussent mieux gouvernées et que leurs revenus ne fussent pas employés
i. Cassiod., liVi VUÏ, ch. xxiv.
à des voyages inutiles. S'ils ont besoin devenir lui parler, il faut qu'ils en obtiennent la permission et qu'ils lui fassent connaître les motifs de leur demande. Par un édit du 1" mars il ordonne qu'à chaque vacance de siège on dresse une liste de trois candidats et qu'on choisisse le plus digne. Les acquisitions des évêques et des diacres chargés de l'administration des hôpitaux sont attribuées à ces établissements de charité, et l'excédant de leurs revenus affecté à des acquisitions nouvelles. Justinien va jusqu'à régler la tenue des offices, les lectures qu'on doit y faire, les psaumes et les hymnes qu'on doit y chanter. Il défend aux clercs d'y faire prier et chanter des mercenaires à leur place, et fait chasser du clergé ceux qui ne sont point assidus aux cérémonies ^ Que les avocats du saint-siége soutiennent maintenant l'indépendance absolue des évêques et des Papes dans ces matières) Que deviennent après cela les prétentions de Gelase et sa distinction des deux puissances? L'autorité royale prend ici sa revanche; mais Dieu ne descend point sur la terre pour la soutenir; et les récriminations du saint-siége ne se feront pas attendre. Les lois de Justinien ne présidèrent point, en 829, à l'élection du successeur de Félix III ou IV, car il est des historiens qui comptent au nombre des Papes le diacre Félix que les Ariens opposèrent à Libère en 360, pendant son absence de Rome. La paix, que promettait aux catholiques l'adroite politique d'Âmalasonte, multipliait les concurrents, et deux factions puissantes élurent le même jour Boniface II et Dioscore;