I. Fleury. liv. XXXIX, cli. xiçiv
Hëraclius était mort avant de connaître la sentence du concile de Rome. C'est dans cette même lettre que Jean IV soutenait Torthodoxie d*Honorius. Ce pape, selon lui, aurait seulement dit qu'il ne pouvait exister deux volontés contraires dans Jésus-Christ: et c'est à tort, ajoutait-il qu on l'avait soupçonné d'avoir enseigné une seule volonté *. C'était vrai cependant, mais on avait l'art d'embarrasser toutes ces questions de tant de subtilités, de corollaires et de syllogismes que la vérité avait peine à se faire jour. Cette discussion de la pensée d'Honorius acquit plus tard une grande importance^ en ce qu'elle touchait au dogme de l'infaillibilité. Ceux qui le soutenaient avaient intérêt à affirmer qu'Honorius n'avait point failli, tandis que leurs antagonistes recherchaient les témoignages de sa chute. Ce débat, comme je l'ai dit, a duré des siècles, et il est probable qu'on le retrouverait encore dans les discussions Ihéologiques de notre temps. Mais il est triste de voir toute une cour, tout un peuple se passionner pour de telles questions, au moment où le glaive des Musulmans semait dans cet empire la dévastation et le carnage.