‹ Histoire de la puissance pontificaleChapitre 16 sur 150 · Dimpline de VÈglite, t. I · texte numérisé non relu

Dimpline de VÈglite, t. I

anciennes provinces romaines que l'Église avait adoptées. C'est dans les métropoles civiles que les apAtres avaient établi leurs sièges; et quand Tépiscopat se fût multiplié, quand les évêques d'une même province eurent besoin de se consulter, de s'assembler en concile, il était naturel qu'ils se réunissent dans sa capitale, que la convocation en fût faite par celui qui en occupait le siège; et il devait en résulter une sorte de prépondérance que justifiait presque partout le mérite des titulaires. M. de Lamennais le révoque en doute *, et il a raison quant au droit; et cependant il avoue immédiatement après qu'il existait des métropoles. Mais je ne sais pourquoi il les réduit à trois, Rome, Antioche et Alexandrie, auxquelles, sur la foi de Thomassin, il donne le titre anticipé de Patriarcats. Ne disputons pas sur les mots. Allons au fond des choses; cette réduction n'est pas soutenable : nous avons vu l'évêque de Corinthe ordonner la lecture de l'épître de saint Clément dans toutes les chaires de la province, et cet usage s'y maintenir pendant soixante-dix ans , la lettre du pape Victor à Polycrate et la réponse de ce métropolitain d'Éphèse au nom de ses collègues d'Asie, la réunion des évêques de Pont sur la convocation de Palmas , la lettre de saint Irénëe écrite au nom des évêques de la Gaule, les conciles nombreux convoqués et présidés par l'évêque de Carthage, enfin ce concile de prélats espagnols qui déposent deux de leurs collègues dans leur métropole d'Illiberis. Cette quantité de métropolitains résulte également d'un

1 In Irori action à la Tradition de VÉglise, p. xx.

passage de Tertuliien dans son Traité des prescriptions^ quand il veut prouver que la doctrine des apôtres est préchée sans altération dans les Églises qu'ils ont fondées, i Allez-y écouter, dit-il^ la lecture de leurs lettres, vous croirez les entendre eux-mêmes. Si vous êtes en Achaïe, allez à Corinthe. Dans la Macédoine vous avez Philippe et Thessalonique, en Asie, vous avez Ephèse. Êtes-vous près de lltalie, vous avez Rome à l'autorité de laquelle nous sommes aussi à portée de recourir. » C'étaient évidemment des métropoles, mais quelques arguments qu'on ait tirés de ce fait contre la doctrine de saint Gyprien sur l'égalité des évéques, il demeure certain que cette supériorité de position n'altérait en rien la puissance canonique de ceux qui siégeaient dans les villes subalternes. L'ordination même ne conférait pas au prélat consécrateur une supériorité de juridiction. Les cent évéques ordonnés par les dix ou douze premiers papes de Rome ne donnaient pas plus de droits à ce siège que les consécrateurs orientaux n'en recevaient de l'ordination de leurs collègues, et que n'en acquéraient sur les Papes eux-mêmes les prélats qui venaient les consacrer. Les nouveaux prélats se mettaient immédiatement en communication avec tous ceux de la chrétienté sans l'entremise de ceux qui les avaient ordonnés et des possesseurs du siège métropolitain de leur province. Quant à l'élection, personne ne conteste qu'à l'époque où nous sommes arrivés, c'est-àdire vers la moitié du troisième siècle, cette élection était faite par les évéques et les prêtres les plus rapprochés des sièges vacants et avec le concours ou le con-

sentemetit du peuple, qui connaissait parfaitement, dit saint Cyprien \ la vie et la conduite de ceux (ju'il avait toujours vus. Rome n'avait à cet égard ûi coutume ni formalité particulières; et Je fkis cette observation pour en tirer cette conséquence : que les évéques de cette portion de l'Italie n'auraient pu eo!lf<érer à celui de Rome la suprématie qu'il affectait, sans la participation de tous les évéques de la chrétienté. La présence aecidentelle des deux évéques africains, que nous avons vus coopérer à Télection du pape Corneille, ne change rien à la règle générale. Elle est seulement une nouvelle preuve de l'égalité des droits, et nous en trouverons une autre dans le jugement rendu par le concile de Carthage sur le schisme qui avait suivi cette élections II eût été ridicule que cette métropole eût profité de eet exemple pour s'attribuer Un droit de contrôle sur lés choix. Ce droit n'existait pour persQntie« L'évéque élu eu doimaît avis à ses collèguôs- du moude entier^ et la réponse de ceuxHsi était la simple reconnaissance d'un fkiit. Mais quand il y avait une double élection, quand il en résultait un schisme, il fallait bien que les anciens évèques, foreés de choisir entre deux eontendants, se fissent juges dé la contestation. C'est ce qui arrivait à propos de Novatien et de Corneille^ Pour savoir avec lequel des deux il devait Correspondre, saint Cyprien était obligé d'examiner leurs titre» respectifs ( mais il n'en réiuUail pour aucun évéque ni droit de tx^ntrdle ni droit d'approbation sur une élection régulièrement consommée.

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