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Il découle cependant un droit métropolitain de cette délibération prise en commun sous la direction de saint Cyprien, par tous les évêques de la province de Garthage, au lieu de décider chacun à part dans cette affaire. Ce droit résulte encore de la lettre du même évéque que j'ai citée plus haut à propos de Martien d'Arles. Ce disciple de Novatien s'était ouvertement séparé des évêques de la Gaule. Il s'en vantait avec insolence et les insultait dans ses lettres. Au lieu d'agir comme avaient fait les Espagnols à l'égard de Martial et de Basilide, au lieu de prononcer la déposition de Martien et de lui donner un successeur, les évêques de la Gaule s'adressent à celui de Rome par l'oi^ane de Faustin de Lyon pour qu'il ait à réprimer ce scandale. Il y a là d'abord une reconnaissance de la supériorité métropolitaine de l'évêque de Lyon sur les autres sièges de la province, et ensuite celle d'une autorité plus élevée dans le siège de Rome. On ne sait pourquoi le pape Etienne ne tire aucun parti de cette sorte d'appel. Il ne donne aucune suite à cette plainte; et les évêques gaulois ne se replient pas sur eux-mêmes pour faire justice de celui d'entre eux qui se sépare de leur communion. Ils s'adressent à saint Cyprien, non comme à un juge, mais comme à un prélat d'une haute renommée, dont ils réclament l'intervention, pour réveiller l'inconcevable insouciance de l'évêque de Rome. Saint Cyprien n'empiète point sur les droits de son collègue. Il reconnaît la juridiction du pape Etienne sur la province gauloise. Il lui écrit, et sa lettre jette un grand jour sur la question de^ hiérarchies, que TÉglise n'a pas encore déterminées.
mais que l'usage a déjà établies ^ « C'est à nous, dit-il, de mettre un terme à ce désordre, à nous qui tenons la balance pour le gouvernement de l'Église, » et il se met ainsi sur un pied d'égalité avec l'évêque de Rome, tout en atténuant ce principe de l'égalité épiscopale qu'il a si énergiquement soutenu ; car en donnant à l'évêque de Rome un droit de contrôle ou de surveillance sur ceux de la Gaule, il est clair qu'il s'attribue le même droit sur ceux de sa province africaine. « Il faut donc, ajoute-t-il, que vous écriviez à nos frères de la Gaule et au peuple d'Arles pour qu'ils aient à déposer Martien, à lui en substituer un autre, et pour qu'on rallie ainsi le troupeau de Jésus-Christ que ce schisme a dispersé. » Ce peu de mots renferme le mode d'élection qui était alors en usage. C'est le peuple de la cité auquel se mêlaient les
évéques de la province. Mais les évéques seuls avaient droit de déposition. Il ne l'attribue point dans ce cas à celui de Rome exclusivement à tout autre. Il le prie seulement de provoquer cette destitution, c C'est pour cela, ajoute-t-il encore, qu'il existe un si grand corps d'évéques unis par les liens de la concorde, afin que si l'un d'eux entreprend de faire une hérésie ou un schisme, les autres viennent au secours. Ne manquez pas, dit enfin saint Cyprien, de nous faire savoir celui qu'on aura mis à la place de Martien, afin que nous sachions avec qui communiquer. » Il y a dans tout cela un témoignage de supériorité attribuée à certains évêques, à ceux qui occupaient les sièges des métropoles; mais