‹ Histoire de la puissance pontificaleChapitre 32 sur 150 · Socrate, Hiit, eccL, p · texte numérisé non relu

Socrate, Hiit, eccL, p

pouvait s'en tenir à la condamnation d'un prêtre. Tant de points de discipline, tant de questions tliéologiques avaient élé soulevés et débattus pendant deux siècles, tant de controverses avaient troublé la chrétienté, que la paix et l'unité de l'Église réclamaient des décisions qui fussent des lois pour tout le monde. Ainsi fut rédigé le Symbole dit de Nic/ée, qui était au fond le même que celui des apôtres, mais qui devait renfermer implicitement la condamnation des hérésies qui en avaient altéré le sens primitif. Alors fut introduit le mot Bomoousios^ que nous avons traduit par celui de consubstantiel, pour attester contre la doctrine d'Arius et contre celle de Denys d'Alexandrie, que Dieu le Fils était de la même substance que le Père. La question de la Pâque fut aussi décidée suivant l'opinion du pape Etienne et contrairement à celle de saint Gyprien que partageaient encore les Églises de Syrie et de Mésopotamie; et la fête en fut invariablement fixée au dimanche qui suivrait la pleine lune après l'équinoxe de mars. On régla les ordinations, l'administration des autres sacrements, les effets de l'excommunication, les bénéfices de la pénitence, la conduite à tenir envers les Novatiens et les sectateurs de Paul de Samosate, la consécration des diaconesses, la manière de prier Dieu, bien différente de celle d'aujourd'hui, puisqu'on défendait les génuflexions.

La hiérarchie d«s Églises fut enfin débattue et réglée. Jérusalem, depuis longtemps ruinée par Titus, resta soumise à la juridiction de l'évêque de Gésarée, dont le siège fut déclaré métropolitain de la Palestine, au préjudice d'une ville dont les prédications et la mort de

Jésus-Christ auraient dû faire la métropole du monde catholique. Les évéques de l'Asie proprement dite restèrent sous la juridiction de celui d'Éphèse. Gésarée de Cappadoce garda sa supériorité sur les églises de cette province , Héraclée sur celles de la Thrace. Antioche conserva ses privilèges sur les évéques de Syrie ; le métropolitain d'Alexandrie retint enfin la Pentapole, la Lybie et l'Egypte avec une autorité pareille à celle de Rome sur les villes que leur voisinage fit appeler suburbicaires. Voilà bien sept métropoles distinctes ayant les mômes privilèges; et je ne vois pas pourquoi l'abbé Fleury distingue ici les trois dernières des quatre autres * . Sa narration, ordinairement si claire, est dans ce passage d'une obscurité remarquable. Il semble contrarié par cette décision d'un concile, qui réglait ainsi l'autorité de l'Église de Rome sans la participation de son évêque; et il s'en console en disant que cet arrangement ne préjudiciait point à la qualité du chef de l'Église si bien établie dans les siècles précédents* Mais à quelle époque et par quelles autorités cela a-t-il été établi? Voilà la première fois que l'Église entière s'assemble. Quel si grand rôle y a joué l'évêque de Rome? Qu'y ont dit et fait ses deux légats pour justifier cette prétention? Baronius a prétendu, il est vraf, que l'évêque Osius y avait présidé comme délégué de Sylvestre^, et sur quelle autorité s'appuie cet historien du seizième siècle ? Sur celle de Gélase de Gyzique qui, cent cinquante ans après ce

i. Ur. XI, ch. XX.

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