Ann, eeclés,, Ad. 325, ch. ii
eoncile^ avait ramassé et altéré tout ce qu'en avaient écrit Eusèbe, Socrate, Théodoret et Sozomène. Mais ce qu'il fallait prouver, c'est qu'un seul de ces quatre historiens eut parlé de cette délégation du pape Sylvestre à l'évêque de Gordoue. Quand les trois derniers l'auraient même écrit, leurs livres, datés de la première moitié du cinquième siècle, n'auraient pu prévaloir encore sur l'autorité contemporaine d'Eusèbe, et cet Eusèbe n'en a pas dit un mot. Gélase a inventé cette délégation de l'évêque de Rome, dont l'habitude constante était de n'envoyer que deux légats pour le représenter dans les conciles, et l'on sait le peu de cas qu'ont fait les critiques de cet écrivain. Osius était l'homme de Constantin et non celui de Sylvestre. Nous l'avons vu envoyé par l'empereur à Alexandrie pour essayer d'étouffer l'arianisme dans sa naissance. Nous le trouverons à la tête de presque tous les conciles de son temps, investi partout de la confiance impériale; nous le retrouverons enfin vingt-deux ans plus tard dans celui de Sardique avec les mêmes honneurs. Le président véritable de celui de Nicée fut Constantin lui-même. Il s'y était rendu dès le 23 mai. C'est lui qui en fit l'ouverture. II y siégea plusieurs fois, puisque Arius fut interrogé en sa présence, comme il le dit luimême dans sa circulaire aux Églises de la chrétienté ; et son trône restait vide quand il se retirait. L'évêque de Rome n'y obtint d'autre honneur que celui d'être mis sur le même rang que celui d'Alexandrie dans la nomenclature des métropoles. On ne touche point à l'étendue de sa juridiction Le silence gardé sur les Églises de la Gaule, de l'Espagne et de TAngleterre par
un concile qui réglait toutes les affaires du monde catholique, atteste la subordination de tout TOccident au métropolitain de l'Italie. Il se manifestera bien encore des oppositions, des protestations et même des révoltes. Mais en vertu des principes qui dirigent les décisions du concile de Nicée, il est évident que cette supériorité sur l'Occident fut dès-lors 'reconnue au seul siège qui y eût reçu le titre d'apostolique.
Les derniers actes d' Arius et de Constantin sont étrangers au pape Sylvestre ; car il est désormais inutile de démontrer la fausseté de la lettre synodale que les Pères du concile lui auraient écrite pour lui demander la confirmation de ses canons ; cette invention du cardinal Baronius * est reléguée au rang des fables avec la prétendue donation de Constantin à Févêque de sa capitale. Il n'y eut de lettre écrite au nom du concile qu'à l'Église d'Alexandrie, parce que le schisme d' Arius y était né, et que la condamnation de l'hérésiarque l'intéressait plus que toute autre ^. Les décisions furent transmises partout ailleurs par les prêtres qui avaient pris part aux débats. L'Occident les reçut par ses évêques. Rome par ses délégués. L'Egypte et les provinces voisines par le métropolitain Alexandre. Les noms de tous ces représentants des Églises sont arrivés jusqu'à nous; et ce sont eux sans doute qui portèrent en même temps les lettres de l'empereur pour l'exécution des décrets qu'il considérait comme la volonté de Jésus-Christ lui-même, comme une inspiration du Saint-Esprit. Constantin s'y met au rang