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trouver même une sorte de censure indirecte des prétentions de Rome dans les septième et huitième canons qui, en réglant les privilèges du métropolitain d'Afrique, lui interdisent de prendre le titre de souverain prêtre, de prince des apôtres, et lui confèrent seulement celui d'évêque du premier siège de la province. Mais ce qui est plus direct, c'est la défense faite aux évéques de passer la mer» d'adresser des lettres aux prélats d'outre-mer, sans la participation expresse des métropolitains. Pour assurer enfin la juridiction suprême et celle des conciles, le cinquième de ceux de Carthage oblient de l'empereur Honorius, le 4 février 400, un édit qui enjoint aux évê« ques déposés de résider à cent milles de leur ville épis* copale, et qui défend à qui que ce soit d'en solliciter le rétablissement même auprès de l'empereur. Cette der* nière défense était renouvelée d'un concile arien d'Antioche. Mais que devenait alors la faculté de recours au siège de Rome établie par le concile de Sardique ? Quand on traduirait le mot de prééminence par celui de primauté, qu'entendrait donc par là le saint docteur, qui est le promoteur et sans doute le rédacteur de tous ces règlements ? La suite des temps ramènera souvent saint Augustin et ses écrits dans la lutte constante des Orientaux contre les prétentions de Rome; et il est inutile d'anticiper sur des incidents qui réduiront à néant son prétendu respect pour la suprématie du saint-siège.
Venons à saint Jean Chrysostôme, dont le nom, plus que les actes, a tant servi la cause des pontifes romains. Les persécutions exercées contre cet illustre évêque attirèrent en effet un si prodigieux concours d'Orientaux
dans )a métropole de l'Occident, que le pape pouvait dès ce moment se considérer comme le chef avoué de toute l'Église ; et si le premier des Jules avait eu cette bonne fortune, il est probable que la puissance papale eût tenté de s'élever au-dessus des concjles et des empereurs eux-mêmes. Mais un pontife moins entreprenant siégeait alors sur la chaire romaine; Innocent P% successeur d'Anastase, se maintint d'abord scrupuleusement dans les attributions que les conciles avaient stipulées, et dans les devoirs que lui avait imposés la puissance impériale. Prouvons-le parles faits et remontons d'abord à l'origine de ce dramatique épisode. £n prenant possession du siège de Constantinople, Jean Chrysostôme avait d'abord agi conune métropolitain de tout l'Orient en s'occupant de la réforme des provinces les plus éloignées. De grands abus s'étaient introduits dans toutes les Églises, et le clergé de la capitale leur donnait l'exemple de tous les vices. La cour même d' Arcadius et d'Ëudoxie^ livrée au favori Eutrope et à l'ignoble influence des eunuques, présentait au saint évêque bien des désordres et des scandales à réprimer. Les dames de la ville et de la cour, l'impératrice elle-même ne furent point épar* gnées par son amère censure ^ et l'ardeur de son zèle souleva des haines si terribles, que les puissants et les riches se liguèrent pour mettre un terme à ses vigou-" reuses déclamations. Sa perte fut résolue et poursuivie avec un acharnement incroyable. Ce n'était plus comme au temps d'Athanase l'esprit de secte qui animait les