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ennemis de Chrysostôme. Ses adversaires et ses partisans professaient les mêmes doctrines. C'était uniquement Tesprit de vengeance qui poussait les treize évêques qu'il avait déposés dans la Lydie et la Phrygie, et ceux qui étaient jaloux dq sa renommée, irrités peut-être de sa domination, et tous les heureux du siècle qui ne voulaient pas étre'troublés dans les jouissances du luxe et de la débauche.
L'impératrice Eudoxie fut l'âme de cette conjuration. L'évêque d'Alexandrie Théophile en fut l'agent le plus actif et le plus passionné. Nous l'avons vu s'associer d'abord au zèle de Chrysostôme pour terminer le schisme d'Aiitioche; mais l'orateur sacré n'avait point encore ouvert sa guerre apostolique contre le libertinage, l'avarice et la corruption de son temps; et Tavide et fastueux Théophile, pouvant s'appliquer une partie de ces reproches, trouvait plus facile de s'en venger que de changer de conduite. Appelé par l'impératrice, il vint à Constantinople, escorté d'un grand nombre d'évéques déposés par Chrysostôme ou tourmentés de la crainte de Têtre. Il affecta de l'éviter, de ne pas communiquer avec lui ; et dressa le ridicule échafaudage de ses accusations ou plutôt des calomnies qui devaient servir de prétexte à la condamnation du saint réformateur. Arcadius, esclave couronné de son indigne épouse, désigna le bourg du Chône près de Chalcédoine, pour la tenue d'un synode qui devait juger Chrysostôme, et lui ordonna d'y comparaître. Justement étonné des crimes qu'on lui imputait, le saint prélat désobéit à Tordre^de César e.t aux sommations du synode. Il eût rougi de se défendre contre des calomnies. Mais
les quarante-cinq juges ou plutôt les complices de Théophile ne rougirent point de le condamner. Les griefs ne furent pas même examinés. Le refus de comparaître fut considéré comme un aveu. Sa déposition fut prononcée; et banni par l'ordre de Tempereur, enlevé pendant la nuit par un oflicier du palais, il fut conduit secrètement à Feutrée du Pont-Euxin.
Le peuple apprend en rugissant la violence qu'on a faite à son évêque; il se soulève, il s'arme, il massacre les matelots qui ont amené Théophile, le menace lui-même; et ses cris de vengeance retentissent autour du palais de ses maîtres. A la fureur populaire se joint par hasard la fureur des éléments. Un tremblement de terre, qui remplit tout ce peuple d'une terreur superstitieuse, est regardé comme un châtiment céleste. Eudoxie tremble. L'empereur ordonne le retour de l'illustre banni; et ce reitour est le plus bruyant et le plus éclatant des triomphes. Son exil n'avait duré qu'un jour, son repos ne durera que deux mois; et c'est à l'inflexibilité de son caractère, à sa passion pour la morale publique qu'il devra des persécutions nouvelles. On élevait une statue d'argent à l'impératrice, sur la place même qui séparait le palais de l'église de Sainte-Sophie * ; les acclamations de la populace, les spectacles, les jeux, les bals, que lui donnait à cette occasion le préfet de Constantinople, troublèrent le service divin, rallumèrent le courroux de Chrysostôme; et le nom d'Hérodiade s'échappa, dit- on de ses lèvres indignées. L'altière Eudoxie l'apprit et ne