‹ Histoire de la puissance pontificaleChapitre 83 sur 150 · Tomo I, p · texte numérisé non relu

Tomo I, p

Pelage professait en même temps sa doctrine à Jérusalem, mais avec la circonspection qu'il avait montrée à Rome et en Sicile. La jeune Démétriade, fille du consul Olybrius qui s'était réfugié en Palestine pendant Tinvasion des Goths, prit un moment Pelage pour son directeur. L'évêque de Jérusalem lui-même crut à son orthodoxie. Mais le traité du Libre arbitre^ que l'hérésiarque * avait composé pour répondre aux questions de Démétriade, ayant inspiré quelques doutes à cette jeune vierge, elle l'envoya à. saint Augustin, dont les lettres soutenaient sa ferveur et sa piété. Presque en même temps Hilaire de Syracuse écrivait à son frère d'Hippone pour lui demander ce qu'il fallait croire des doctrines que Pelage et Gélestius avaient semées en Sicile pendant leur passage. Beux jeunes gens, Jacques et Timase^ lui apportaient une copie de ce traité du Libre arbitre qui les avait séduits eux-mêmes. Ainsi ce n'était point à Rome que ces fidèles apportaient leurs scrupules, quoiqu'ils appartinssent pour la plupart à l'Église d'Occident. C'était au saint docteur qui dominait alors l'Église tout entière, au même titre que les Cyprien, les Athanaae et les Basile. Bossuet lui-même a remarqué ce concours. « Dès que Pelage parut, dit-il dans sa Défense des saints Pères \ les par* iiculiers, les conciles, les Papes^ tout le monde en un mot, tant en Orient qu'en Occident, tournèrent les yeux vers ce Père, qu'on chargeait par un suffrage commun de la cause de l'Église. » L'évêque d'Hippone accota la mission que lui conférait le monde chrétien. Ses ser*-

Page 1