‹ Histoire de la puissance pontificaleChapitre 84 sur 150 · Uv. V, ch. IX · texte numérisé non relu

Uv. V, ch. IX

monset ses lettres attaquent les nouveautés qu'on lui dénonce avec la même ardeur qu'il avait montrée contre les Donatistes. Au livre des Forces naturelles de Vhomme^ il répond par son traité de la Nature et de la Grâce, Mais, soit par un reste d'amitié, soit espoir d'une résipiscence, il foudroie Thérésie sans prononcer le nom de Thérésiarque.

Le fougueux saint Jérôme ne garde point les mêmes mesures. Averti par Ctésiphon, riche habitant de Jérusalem qui conçoit quelques doutes sur une doctrine qu'il a d'abord embrassée, le solitaire de Bethléem lui défend de communiquer avec Pelage. Il accuse de grossièreté, de stupide ignorance, Tennemi de la grâce, le défenseur du libre arbitre ^ Il le compare à Milon de Crotonepour sa gloutonnerie, qui n'a rien de commun avec son hérésie. Il lance à Célestius l'épithète de chien des Alpes parce qu'il le croit né dans ces montagnes; et malgré son extrême vieillesse, il retrouve toute la vivacité de son acerbe polémique. Cependant les deux chefs des Pélagiens se sont rejoints à Jérusalem, où les soutient la protection de l'évêque. Nous avons vu ce même prélat soutenir jusqu'au bout Rufin d'Aquilée , le traducteur d'Origène, et souscrire d'assez mauvaise grâce à la condamnation de l'original et de son interprète. Il tient la même conduite dans cette hérésie nouvelle, que secondent en même temps les écrits et les prédications de Théodore de Mopsueste. Sous les auspices de ces deux prélats, elle se propage à tel point qu'un ramas de fana-

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