Essai sur la poésie épique
3. U. Villemain, Tableau de la litt. du xvm* siècle , vin* leçon.
parmi les Hellènes’. La Motte jugera les dieux homériques, non pas en philosophe ou en érudit, mais simplement en homme, de bonne compagnie, et c’est à une discussion de salon, piquante et superficielle, que nous allons assister.
Pendant plus de dix ans, Mme Dacier put croire que le grand procès de la gloire d’Homère était jugé, que les débats étaient clos , et qu’elle avait gagné sa cause. Son nom semblait attaché à celui du grand poète. On disait : l’Homère de Mme Dacier. Elle était l’Antigone du poète aveugle, et paraissait l’avoir conduit au port à travers tant d’ennemis. Mais Perrault n’était pas mort sans postérité. Un critique ingénieux paradoxal, un médiocre poète, voulut, lui aussi, avoir son Homère. Il lut Y/liade dans la traduction de Mme Dacier, l’abrégea, la versifia, et Mme Dacier reçut un matin à son lever, Y Iliade de M.de La Motte, poème en douze chants, précédé d’un Discours sur Homère. Ce petit volume donna nais- ^.sance à la seconde période de la guerre des anciens et des modernes, qui, comme la première, dura plus longtemps que le siège de Troie. Elle précéda la mort de Louis XIV, elle n’était pas éteinte à la fin de la Régence.