‹ Histoire de la querelle des anciens et des modernesChapitre 72 sur 166 · I. Cour» de littérature ei de belles-lettres , L H, p · texte numérisé non relu

I. Cour» de littérature ei de belles-lettres , L H, p

l’éloquence et la poésie pour le Dialogue suivant; mais on a fait courir le bruit qu’il reculait (l’en venir là, se sentant plus faible sur cet article, et il veut prouver qu’il l’aborde aussi résolûment que les autres, en hâtant le moment de le traiter. Il espère ainsi calmer un peu la prévention en faveur des anciens qui a redoublé chez quelques personnes. Du reste, il ne s’étonne pas de ce redoublement. « 11 y a des hommes payés et gagés pour faire entrer celle prévention dans l’esprit des jeunes gens qu’on a mis sous leur conduite, des hommes qui, revêtus de longues robes noires et le bonnet carré en tète, leur ont proposé les ouvrages des anciens, non-seulement comme les plus belles choses du inonde, mais comme l'idée du beau, et cela avec des couronnes toutes prêtes, s’ils parvenaient à imiter ces divins modèles. » — On voit qu’ici l’enseignement public est pris à partie. L’Université s’était scandalisée des opinions de Perrault; elle avait crié à l’ignorance et à la jalousie. Perrault criait au pédantisme. 11 ne s’apercevait pas que la gloire des anciens ne repose pas sur l’autorité. Ce n’est pas parce qu’on les met dans les mains des jeunes gens qu’ils sont glands, c’est parce qu’ils sont grands qu’on les fuit étudier dans les collèges. Virgile et Cicéron ne doivent pas leur gloire aux universités ; ils sont classiques parce que de leur temps les meilleurs esprits les ont jugés des écrivains excellents, et que ce jugement s’est transmis à leurs successeurs. Du temps de Juvéual, ce n’était ni les robes noires ni les bonnets carrés qui prescrivaient le culte de Virgile et d'IIorace. Il n’y avait pas à Home d’université; les livres adoptés que les maîtres de la jeunesse mettaient entre ses mains, c’étaient ceux que leur désignait l’admiration publique, c’étaient Horace et Virgile, dont les exemplaires enfumés, dit Juvénal, étaient dans toutes les mains :

Cum totus decolor esset Flaccus, el hærerel nigro fuligo Maroni

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