W. Scott, Vie de Dryden
2. Nowhere was the smoking more constant than at Will’s. That celebrated house, situated between Covent-Garden and Bow-street , was sacred to polite letters.... There ivas a faction for Perrault and the moderns , a faction for Boileau and the ancients. (Macaulay, vol. I, p. 363. State of England, in 1685.)
6tait plus grand que la science, je ne sais qu’un peu de latin, et pas de grec, el je fais grand cas des traductions; mais, apres tout, ce ne sont que des traductions. En voulant juger les anciens, nous ne jugeons souvent que les modernes, dont nous imputons ainsi les fautes a l’antiquite. Yous voyez, par la, que personne n’a plus d’admiration que moi pour elle. Est-ce a dire que nous devions 1’imiter en toutes choses? Le changement de la religion, du gouvernement, des mceurs et des manieres en a fait un si grand dans le monde, qu’il nous faut conime un nouvel art pour entrer dans le gout et dans le genie du siecle ou nous sommes. Si Ton donne des caracteres tout opposes lorsque Ton parle du Dieu des batailles et du Dieu des chr6tiens, quoique ce soit la meme Divinite ; si l’on parle tout autrement du Dieu des batailles, de ce Dieu terrible qui commandait d’exterminer jusqu’au dernier des ennemis, que de ce Dieu patient, doux, charitable, qui ordonne qu’on les aiine; si la creation du monde est decrite avec un genie, la redemption des homines avec un autre; si Ton a besoin d’un genre d’eloquence pour precher la grandeur du Pere qui a tout fait, et d’un autre pour exprimer l’amour du Fils qui a voulu tout souffrir, comment ne faudrait-il pas un nouvel art et un nouvel esprit pour passer des faux dieux au veritable, pour passer de Jupiter, de Cybele, de Mercure, de Mars, d’ Apollon a Jesus-Christ, a la Vierge, a nos anges et a nos saints 1 ? »
Ici developpant quelques id6es de Saint-Sorlin, mais avec bien plus de mesure et de sagacite, Saint-Evremond ajoutait : « Otez ses dieux a l’antiquite , vous lui otez tous ses poemes ; la constitution de la poesie est en desordre, l’economie en est renversee. Sans la priere de Thetis a Jupiter, et le songe que Jupiter envoie a Agamemnon, il n’y a point d 'Made; sans Minerve, point d 'Odyssee; sans la protection de Jupiter et l’assistance de Venus, point d'Eneide. Les dieux
1. (Euvresdo Saint-Evremond, t. IV, p. 289, sur les poemes anciens.
assembles au del ddlibyraient de ce qui devait se faire sur la terre : c’dtaient eux qui prenaient les resolutions, et qui n’6taient pas rnoins necessaires pour les executer que pour les prendre. Ges chefs immortels du parti des hommes bravaient tout, animaient tout, inspiraient la force et le courage, combattaient eux-memes, et a la reserve d’Ajax , qui ne demandait que la lumiere, il n’y avait pas un combattant considerable qui n’eut son dieu sur son chariot aussi bien que son 6cuyer, le dieu pour conduire son javelot, l’ecuyer pour la conduite de ses chevaux. Les homines etaient de pures machines, que de secrets ressorts faisaient mouvoir. La divinity que nous servons est plus favorable a la liberty des hommes. Nous sommes entre ses mains, comme le reste de l’univers, par la dependance; nous sommes entre les notres pour deliberer et pour agir. Que les fausses divinites soient rneiyes a toute sorte de fictions, ce sont fables elles-memes, vains effets de fimagination des poetes. Pour les chrdiens, ilsne donneront que des verites a celui qui est la verite pure, et ils accommoderont tous leurs discours a sa sagesse et a sa bonte L » Dryden lui-meme, le traducteur deYirgile, de Perse et de Juvenal, applaudissait a cette vue si mesurye et cependant si ytendue, dont la conclusion n’etait autre que celle de Desmarets : la ndcessite d’un art nouveau pour une socidte nouvelle.
« Ce grand changement , continuait Saint-Evremond , encouragy par l'approbation des auditeurs, est suivi de celui des rnoeurs, qui, pour ytre aujourd’hui civilisees et adoucies, ne peuvent souffrir ce qu’elles avaient de farouche et de sauvage en ce temps-la. Cependant les vices des hdros d’Homere ne retomberont pas sur le poete. Homere a plus songd a peindre la nature telle qu’il la voyait, qu’a faire des heros accomplis. II les a ddpeints avec plus de passions que de vertus : la passion ytant du fond de la nature, et les vertus