‹ Histoire de la querelle des anciens et des modernes, par m. Hippolyte RigaultChapitre 149 sur 180 · Apol. d’Hom. Paris, 1716, p. 2 et 3. — 3 Ibid. , p · texte numérisé non relu

Apol. d’Hom. Paris, 1716, p. 2 et 3. — 3 Ibid. , p

aux hommes; ce sontdes abstractions pures, destinees a orner le poeme epique L Le principal, c’est de demeler les allegories dans Taction de Ylliade, et c’est a quoi personne n’a encore songe, ce qui est facheux; car les allegories sont partout. Ainsi ces simples paroles que Thetis adresse a Jupiter (Ier chant, v. 508) : « Comhlez mon fils de gloire, » on les a prises pour la priere d’une mere au maitre des dieux. Mais Thetis, ce n’est pas une mere, ce n’est pas une femme; son tils Achille, ce n’est pas un fils, ce n’est pas un homme : Thetis, c’est 1’embleme de la flotte des Grecs; Achille, c’esl la personnification du corps de la marine; et ce passage d’Homere signifie que la flotte des Grecs demande pour les officiers de marine les faveurs du Des tin 2. Yoila un specimen des interpretations de l’apologiste d’Homere. Le P. Hardouin expliquait Ylliade par une sorte d’allegorie continue, a i’usage d’un petit nomhre d’inili6s, commc on a tente de nos jours d’expliquer la Divine Comedie. Puen de plus antipoetique que ce systeme fantastique d’interpretation. Aux divinites vivantes de Ylliade , substituer de froides abstractions; a la place de ces admirables peintures de la nature et de la vie, comprises et admirees de tout le monde, supposer les coinbinaisons compliquees d’un symbolisme au-dessus du vulgaire, c’6tait le reve le plus chimerique et le plus injurieux pour Homere. Mme Dacier ne put contenir son courroux. Elle aussi dOcouvrait des allegories dans Homere ; elle aussi avait construit un systeme d’interpretation, et c’est pour cela qu’elle fut sans pitie pour le P. Hardouin. Les systemes ne se pardonnent pas entre eux. Mme Dacier n’a pas de peine a prouver a son adversaire que son explication du dessein de Ylliade est une fantaisie d’imagination, et qu’Hoinere serait le plus m6chant potite, s’il avait 616 n6cessaire au genre humain, pour le bien comprendre, d’atlendre la venue du P. Hardouin et de son Apologie. « Les dieux d’Hom6re, dil-

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