‹ Histoire de la querelle des anciens et des modernes, par m. Hippolyte RigaultChapitre 167 sur 180 · OEuvres de La Motte, t. I" , p · texte numérisé non relu

OEuvres de La Motte, t. I" , p

« Voilci la dispute time entre Mme Dacier, M. Boivin et moi, et le fruit de notre dispute est une amide sincere et r6ciproque dont ils me permettront de me laire honneur devant le public. Heureuses les querelles litteraires qui se terminent la! Le eours de la contestation instruit les lecteurs : ils y voient sous quels differents aspects on peut rcgarder les choses, et ils n’ont qu’a choisir, entre les raisons alleguees les plus decisives etles plus convaincanles. Mais quand ils sont suffisamment instruits par les raisons, il reste encore aux auteurs a donner une le^on plus importante : ils doivent montrer, en se reunissant de bonne foi, que la diversite des opinions ne doit jamais aliener les cceurs; que l’estime et Tamili^ peuvent se soutenir au milieu m6me de la contradiction, et qu’il faut que les disputes des gens de lettres ressemblent a ces conversations aniinees, ou, apres des avis differents et soutenus de part et d’autre avec toute la vivacite qui en fait le eliarme, on se separe en s’embrassant, et souvent plus amis que si Ton avait ete froidement d ’accord'. »

Ce sont la de nobles paroles, et dignes d’etre ecoul6es. Si la diversite des opinions devait briser les amities, mieux vaudrait renoncer a la liberty de 1’esprit qu’aux plus doux sentiments du cceur. Mais cette extremite n’est pas inevitable, et pour conserver tout ensemble, meme dans le feu des controverses, ses opinions et ses amis, il suffit d’etre de bonne foi, et la bataille finie, vainqueur ou vaincu, d’etre toujours pr6ta se tendre la main et a s’embrasser.

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