‹ Histoire de la querelle des anciens et des modernes, par m. Hippolyte RigaultChapitre 168 sur 180 · OEuvres de La Motte , t. Ill , p. 2S · texte numérisé non relu

OEuvres de La Motte , t. Ill , p. 2S

CHAPITKE VIII.

Pope : Traduction de Vlliade. — Le cardinal Wiseman : Sur I’amour de la nature chez les anciens et les modernes.

Nous avons deja vu Pope faire cause commune avec Swift, contre le docteur Bentley. I/irritable poete d^testait Bentley et le poursuivait a outrance, parce que Bentley I’avait blessd dans son orgueil. Johnson raconte qu’un jour, a diner chez le docteur Mead, Pope, curieux de connaitre l’opinion de Bentley sur sa traduction de 1 'Made, lui dit : J’ai prie mon libraire de vous envoyer mon livre. — Quel livre? dit Bentley. — Mon Homere. — Oh! je me rappelle votre traduction. C’est un fort gentil poeme, mais ne l’appelez pas Homere. — Pope ne pardonna jamais cette distinction entre Homere et lui, et plusieurs annees apres, dans la Dunciade, il traga le portrait celebre de l’orageux Bentley ( tempestuous ), depute par les universites pour representer le p6dantisme et la po- 16mique au pied du tr6ne de la Stupidite ‘. Mais malgre sa rancune contrc Bentley, et son amour pour l’anliquite, Pope ne devint jamais un idolatre des anciens comme Temple, dont il se raillait en le vengeant. Des sa plus tendre enfance il avait lu, traduit et imit6 les anciens. Dans sa pension de Londres, il d^tachait de la traduction de Ylliade , par Ogilby, dcs scenes choisies dont il faisait un drame; il y melait ses propres vers, et repr6sentait cel essai dramatique avec le jardinier de la maison , comme Goelhe jouait avec sa sccur Cornelie les plus beaux passages de la Messiade. A vingt ans,

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