Histoire dela civilisation en Europe, p
2. Racine , plains raa destinee 1 C’est demain la triste journee Ou le prophete Desmarets ,
Arme de cette m^me foudre
tout a fait legitime. II aurait pu merae ajouter le hold! qu’il eut le tort de reserver au vieux Corneille. Mais si Boileau l’avait voulu, il lui 6tail possible de lire la prose de Desmarets, oil des idees serieuses se rencontrent parmi le fatras et le bel esprit, et de les discuter serieusement. J’admire le bel 61oge de la fable :
D’un air plus grand encor la poesie epique, etc... ‘
Je trouve fort piquants, * quoiqu’un peu prosa'iques, ces vers diriges eontre Desmarets :
C’est done bien vainement que nos auteurs deg.us,
Bannissant de leurs vers ces ornements requs,
Densent faire agir Dieu, ses saints et ses prophetes,
Comme ces dieux eclos du cerveau des poetes;
Mettent a chaque pas le lecteur en enter;
N’offrent rien qu’Astaroth, Belzebuth, Lucifer.
De la foi d’un chretien les mysteres terribles D’ornements egayes ne sont pas susceptibles.
L’fivangile, a l’esprit, n’offre de tous cdt£s Que penitence a faire et tourments merits;
Et de vos fictions le melange coupable Meme a ces verites donne fair de la fable.
Et quel objet enfin a presenter aux yeux Que le diable toujours hurlant eontre les cieux,
Qui de votre heros veut rabaisser la gloire.
Et souvent avec Dieu balance la victoire4?
L’argument de Boileau, tire du respect qu’on doit a la
Qui mit le Port-Royal en poudre ,
Va me percer de mille traits.
C’en est fait, mon heure est venue 1 Non que ma muse , soutenue De tes judicieux avis,
N’ait assez de quoi le confondre :
Mais, cher ami, pour lui repondre,
Helas! il faut lire Clovis.