‹ Histoire de la querelle des anciens et des modernes, par m. Hippolyte RigaultChapitre 70 sur 180 · Voici les vers de Perrault sur la Fable · texte numérisé non relu

Voici les vers de Perrault sur la Fable

11 voit (le genie) tous les ressorts qui meuvent l’univers,

Et sile sort l'eugageau doux metier des vers,

Par lui mille beautes a toute heure sont vues,

Que les autres mortels n’ont jamais apercues.

Quelque part qu’au matin il decouvre des fleurs,

11 voit la jeune Aurore y repandre des pleurs.

S’il jette ses regards sur ces plaines humides,

11 y voit sejouerles vertes Nereides.... etc...

Nous l’ayons un peu abandonee; sans doute elle ne suffit plus 4 notre dogmatisme, M. de Maistre, dans les Soirees de Saint-Pdtersbourg , a pos6 les conditions du genre : « Si le sujet de l’entretien est grave, dit 41, il me semble qu’il doit 6tre subordonn6 aux regies de l’art dramatique quin’admettent point quatre interlocuteurs. Cette regie est dans la nature i. » AvantM. de Maistre, Perrault l’avait observee. II introduit sur la scene trois personnages, le President, l’Abb6 et le Chevalier. Le President est un caractere doux et un esprit timor6 , qui jure sur la parole des anciens , mais qui se laisse tres-ais6ment detacher d’eux par l’Abbe, defenseur des modernes. Perrault le vante un peu en le donnant pour savant et pour spirituel. L’argument favori de ce President debonnaire , c’est : ipse dixit , le maitre l’a dit. Mais il baisse la tete, d6s que l’Abbe aparle, et se tait ou ne repond que par une objection qui ne vautpasle silence. Il parait caique sur le modele de certains interlocuteurs de Socrate, quijouentun role monosyllabique dans les dialogues de Platon, et donnent la replique a leur adversaire. En choisissant un tel avocat pour les anciens, Perrault les a d6sarmes; il a d’avance donne gain de cause a l’Abbe , qui n’avait pas besoin d’un tel secours. L’Abbd a de l’esprit , du calme , de la hardiesse , de la dext^rite dans la discussion , et une grande politesse de langage. Il se met volontiers en frais de compliments a l’egard de ses adversaires. L’Abbe, c’est Perrault lui-meme ; Perrault l’avoue pour son representant dans la preface de son second volume, aveu tardif et inutile, car des le premier volume, on avait reconnu le personnage au portrait qu’en tragait Perrault : « L’Abb6 peut aussi etre regard^ comme un homme savant, mais plus riche de sa propre pens6e que de celles des autres. Sa science est une science r6flechie et dig6r«^e par la meditation : les choses qu’il dit viennent quelquefois de ses lectures, mais il se les a tellement appropriees

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