‹ Histoire de la querelle des anciens et des modernes, par m. Hippolyte RigaultChapitre 71 sur 180 · Soirdes de Saint-Pdlersboury , t. I , p · texte numérisé non relu

Soirdes de Saint-Pdlersboury , t. I , p

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qu’elles semblent originales, et ont toute la grace de la nouveaute. II a pris soin de cultiver son propre fonds, et comme ce fonds est fertile, il en tire par de fr6quentes reflexions mille pensees nouvelles qui qnelquefois semblent un peu paradoxes, mais qui 6tant examinees se trouvent pleines de sens et de v£rite. » G’est Perrault en personne, avec l’6ducation qu’il s’est donn£e lui-meme, et 1’opinion qu’il a de lui.

Le Chevalier est un homme du monde, a demi cultiv£, 16ger, superflciel, avec une inclination plut6t qu’un parti pris en faveur des moderries et une rancune d’6colier contre les anciens. II se jette au hasard dans la discussion, et prend a son compte les plus grandes hardiesses de Perrault. Perrault le lance en avant, se r6servant, s’il le faut, de le d6savouer. « Je ne garantis pas toutes les vivacit6s du Chevalier, comme par exemple quand il soutient que Socrate et Platon sont deux saltimbanques , et que Mbzerai narre plus exactement que Thucydide. Quoique ces propositions puissent etre vraies dans le fond , comme elles sont contraires aux opinions recues, je n’ai pas estime devoir les soutenir bien serieusement l. »

Le President, l’Abb6 et le Chevalier avaient souvent dispute, raconte Perrault , sur le merite des anciens , a l’occasion du poeme sur le siecle de Louis le Grand, qui faisait l’entretien et divisait les opinions de tous les beaux esprits. Un jour que les trois amis allaient visiter les jardins de Versailles, le President, fidele a son amour de l’antiquite, se pr^valut de l’autorite d’Horace pour mettre Versailles au-dessous de Tivoli, et vanter le siecle d’ Auguste dans le palais de Louis XIV. L’Abbe repliqua, le Chevalier intervint, et la discussion dura presque tout le jour. Perrault qui, du fond d’un bosquet sans doute, 6coutait leur conversation, la recueillit et la mit sous les yeux du public, le 5 octobre 1688. Dans sa preface, il r6pondait avec enjouement aux attaques que lui avait attir^es le Siecle de Louis le Grand, de la part de quelques traducteurs ,

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