‹ Histoire de la querelle des anciens et des modernes, par m. Hippolyte RigaultChapitre 93 sur 180 · CEuv. de Boileau, t. IV, p. 90, ed. Berryat Saint-Prix · texte numérisé non relu

CEuv. de Boileau, t. IV, p. 90, ed. Berryat Saint-Prix

GHAPITRE XV.

Reflexions critiques sur Longin.

A propremenl parler, les Reflexions sur Longin sont un repertoire des b6vues de Perrault. Boileau n’y aborde aucune question, n’y soutient aucune doctrine : il y releve les contresens, les fautes de style, et m6me les fautes d’orthographe. Quelquefois, emporte par la refutation, il s’avance trop loin : il traite son adversaire d’extravagant pour avoir insinue qu’Homere pourrait bien n’etre pas l’auteur de Ylliade, et annonce qu’on preparait en Allemagne des raemoires sur ce sujet K Mais le plus souvent ses critiques sont justes. Il prouve a Perrault qu’il a lu Elien dans une traduction, sans verifier le texte, qu’il lui a fait dire le contraire de ce qu’il dit, et que le chien qui reconnait Ulysse peut avoir v6cu vingt ans, puisque celui de Louis XIV en a v6cu vingt-deux. D analyse et com men te avec gout le debut de la premiere Olympique de Pindare, parodiee par Perrault. Il substitue aux versions platement infideles de son adversaire des traductions exactes et elegantes, qui font ressortir ses erreurs el son injustice. Enfin, dans la meilleure page des Reflexions , il lui apprend avec beaucoup d’esprit que les veritables pedants ne sont pas les anciens qui defendenl l’antiquite parce qu’ils la connaissent, mais les modernes qui l’attaquent parce qu’ils 1’ignorent : « Monsieur P., dit-il apres avoir trace le portait du pedant, me repondra peut-etre que ce n’est point la le veritable caractere d’un pedant. Il faut pour-

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