‹ Histoire de la question coloniale en FranceChapitre 38 sur 51 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LA DISCUSSION

Partisans et adversaires. — Théoriciens, colons et négociants.

La discussion, si vive et si féconde au dix-huitième siècle, est disséminée dans des œuvres nombreuses et toutes différentes. La question coloniale ne fait pas encore l'objet d'études spéciales et d'ensemble, comme en notre temps ; on la traite incidemment ou par parcelles. L'opinion n'est pas encore faite, le sujet, comme tous les problèmes politiques, est à l'étude. Aussi est-il nécessaire, pour avoir une idée nette de l'état des esprits, de fixer à l'avance les points principaux sur lesquels portera l'enquête, et de faire comparaître, les uns après les autres, sans se préoccuper des genres ni des personnes, tous ceux qui ont exprimé un avis de quelque importance.

Nous demanderons donc aux raisonneurs du dix-huitième siècle : 1* s'ils ont approuvé l'expansion coloniale; 2° comment ils l'ont comprise. Sur ce dernier point, nous sommes déjà à demi éclairés par l'action gouvernementale, très dépendante de l'opinion, ainsi qu'on l'a dit, et par les publications analysées. Nous savons que la liberté du commerce colonial, ou affran-

chissement des colonies, ou admission des étrangers, formules différentes d'un même principe, a été l'objet des deux décisions de 1769 et 1784 et d'une polémique active. L'affranchissement des noirs ou abolition de la traite a fourni aussi matière à d'âpres discussions, surtout à la fin de la période. À ces deux graves questions peuvent se ramener toutes les opinions exprimées sur le système colonial, et nous y bornerons notre analyse.

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